Vous avez été redirigé depuis vp-partisan.org - Bienvenue sur notre nouveau site ocml-vp.org
N'oubliez pas de mettre à jour vos favoris!

Actualité > Collèges Reynerie et Bellefontaine de Toulouse : Non à la chasse aux pauvres (...)

Collèges Reynerie et Bellefontaine de Toulouse : Non à la chasse aux pauvres ! Pour une éducation populaire !

A la rentrée de septembre 2017, les élèves de 6ème de la Reynerie ne pourront plus aller dans leur collège de quartier, ils seront répartis dans 5 collèges de l’agglomération toulousaine dont un à Tournefeuille et un à Balma ! A la rentrée 2018, ce sera le tour des élèves de 5ème, puis les 4èmes et enfin les 3èmes en 2020 et ce sera la fermeture du collège Raymond Badiou ! La même fin attend le collège Bellefontaine en 2021 !

 

C’est le grand projet dit de mixité sociale du Conseil Départemental de la Haute-Garonne : détruire 2 collèges du quartier du Mirail et mettre en place des transports gratuits pour que les élèves puissent traverser la ville 2 fois par jour aux heures de pointe ! Les enfants devront se lever plus tôt, faire de longs trajets, ne pourront plus rentrer chez eux à midi et leurs parents n’auront plus de lien de proximité avec le collège.
Le Conseil se targue de faire tout cela en concertation avec la population mais les parents d’élèves le disent « A la première réunion ils nous ont dit qu’on aurait le choix et à la réunion d’après ils nous ont dit qu’ils avaient décidé ! »
C’est leur concertation, pas la nôtre !
Pour créer la mixité sociale, pourquoi ne pas demander aux collégiens issus de milieux bourgeois de venir dans les collèges de quartiers ? Parce que leurs parents ne sont pas d’accord et ce sont eux qui ont le pouvoir et les privilèges !
C’est toujours nous qui subissons et à tous les niveaux : économique, social, travail, santé, logement, éducation, disparition des services publics de nos quartiers...
Alors que c’est nous qui sommes au cœur de cette société et qui faisons tout tourner !

 

Les mots utilisés par les responsables du département et de l’éducation nationale choquent la population du quartier : « Nous sommes dans l’urgence... », « La République est en danger... » ou « ...la montée des dérives extrémistes... ».
Ce projet fait partie d’une expérimentation nationale mise en place dans 20 départements et se fait effectivement dans l’urgence : première réunion publique le 8 septembre et projet adopté le 24 janvier, en 5 mois l’affaire est pliée alors que beaucoup de nos questions restent encore sans réponse !
Face à ces attaques, nous étions plus de 200 parents, enfants, habitants et personnels a manifesté à la Reynerie mardi 31 janvier en scandant « Les enfants du Mirail ne sont pas des cobayes ! » « Non au mépris ! Oui au collège de la Reynerie ! »

 

« L’échec et le décrochage scolaires, la montée des violences scolaires, du racisme, des préjugés, des dérives extrémistes, nous engagent à renforcer sans tarder la mixité sociale dans les collèges »
Voilà la justification du Conseil Départemental et de l’Education Nationale.
Depuis des années, les politiques diminuent les moyens de l’éducation prioritaire : suppression des RASED (enseignants spécialisés travaillant avec des petits groupes d’enfants en difficulté), manque de remplaçants, sortie des lycées dans les réseaux... Les réformes successives (les rythmes scolaires, la réforme des collèges...) n’arrangent rien, ni pour les élèves, ni pour les personnels ! Mais à les écouter, ce n’est pas ça le problème, c’est le manque de mixité sociale !
Depuis des années, nos conditions de travail et de vie se dégradent, internationalement, les guerres et les attentats se multiplient. Mais pour nos dirigeants ce n’est pas ça le problème, ce sont les collèges dans les quartiers populaires !

 

Ils pensaient que leur projet serait mené sans encombre et rapidement mais les parents, les personnels et le quartier se mobilisent et s’organisent pour le maintien des collèges et des moyens pour l’éducation dans leur quartier !

 

Nous ne nous faisons pas d’illusion sur l’éducation et ce à quoi elle sert dans une société d’exploitation de domination, l’école ne va pas changer les choses ou inverser la tendance ! L’Etat a besoin de former une élite, les futurs dirigeants, mais il a également besoin de jeunes qui sortent de l’école sans formation, sans diplôme et qui seront les précaires et les chômeurs dont le système a besoin.
Mais l’éducation reste un levier important : savoir lire, écrire, comprendre, connaître l’histoire, la géographie, l’économie, la démarche scientifique, comprendre le monde, la politique. Cela permet la réflexion, les choix, les engagements et c’est le chemin vers l’émancipation individuelle et collective.

 

C’est encore une attaque conte les classes populaires ! Dans les établissements, les maisons, les quartiers, débattons et organisons-nous ! Luttons pour une éducation pour l’émancipation de tous les jeunes et les travailleurs !

 

OCML Voie Prolétarienne Toulouse, le 04 février 2017

Soutenir par un don