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Nos fiertés n’ont pas de frontières !

Marche des Fiertés - Toulouse

Les premières marches des fiertés ont eu lieu à Los Angeles et à New-York, en 1970, en hommage aux émeutes de Stonewall où trans, pédés, putes, gouines, sans papiers et personnes non-blanches se sont organisées, en 1969, contre la répression étatique et policière. Mais depuis des années la marche des fiertés oublie ses origines. Qui connaît Marsha P. Johnson, femme trans noire artiste drag queen, une des premières à lancer un pavé à Stonewall ? Qui connaît
Sylvia Rae Rivera, femme trans qui dénonçait la transmisogynie jusque dans la communauté LGBTQI ? Réécrivant notre histoire, invisibilisant celles et ceux qui l’ont faite, la marche des fiertés se réduit aujourd’hui à un spectacle marchand aux conséquences dramatiques pour nos luttes.

La radicalité de nos revendications et des moyens employés doit être à la hauteur des LGBTQIphobies que nous combattons. Aux USA la situation des personnes trans, notamment non blanches, se détériore sous la présidence Trump. En Russie, le régime réactionnaire opprime, à
tous les niveaux, la communauté LGBTQI. Les autorités tchétchènes orchestrent la répression des homosexuels, les arrêtant et les torturant, alors que leur président, Ramzan Kadyrov, entend ouvertement exterminer la communauté LGBTQI. En Palestine occupée, l’état d’Israël fait la promotion du tourisme gay, à Tel-Aviv en particulier, recourant au pinkwashing pour faire oublier ses crimes colonialistes et racistes.

En France, la situation des personnes LGBTQI doit être améliorée. La PMA pour touTEs n’a toujours pas été adoptée. Le changement de sexe à l’état civil pour les personnes trans est bloqué depuis novembre 2016 et il est toujours soumis au regard d’unE juge, tandis que le changement de prénom, désormais possible en mairie, fait face à des blocages de la part des maires et des
officierEs d’État Civil, perpétuant la pathologisation des personnes trans. Les travailleuRses du sexe subissent une précarité, des violences, et une insécurité, renforcées par la loi de pénalisation des clients adoptée en avril 2016. Alors que l’Europe a condamné la France pour les mutilations
imposées aux enfants intersexuéEs, ces opérations non vitales et non consenties ont toujours lieu. Les HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes) se voient toujours refuser la possibilité du don du sang à moins d’une abstinence sexuelle d’un an. Les personnes LGBTQI subissent encore en France de nombreuses violences : insultes, harcèlement poussant parfois au suicide, agressions, passages à tabac, viols, jusqu’au meurtre.Sans oublier les LGBTQI-phobies qui nous frappent au quotidien, encouragées par les discours rétrogrades des politiques, de
Macron et de ses ministres (Darmanin, Collomb, etc.), et banalisées par les médias de masse. Et que dire encore du sort de nos frères et soeurs migrantEs LGBTQI qui subissent une politique migratoire ultra répressive, xénophobe et meurtrière, notamment avec l’adoption de la loi asile immigration. Il s’agit d’un projet de loi liberticide et raciste.
L’ensemble de ces violences s’accompagne toujours d’une explosion des contaminations VIH !

Les LGBTQI-phobies sont systémiques. L’État instrumentalise la menace des attentats avec notamment l’objectif de criminaliser nos luttes, de nous invisibiliser et de nous faire taire. A Toulouse, la préfecture a tenté d’empêcher la Pride de nuit du 16 mai dernier, nous refusant
l’accès au centre ville.

Continuons à nous mobiliser pour l’ensemble de nos droits : droits sociaux, accès à la santé, notamment pour le maintien des services de l’hôpital La Grave en centre ville et
des moyens supplémentaires pour notre santé.

N’oublions pas non plus que nos communautés perpétuent ces LGBTQI-phobies auxquelles elles ajoutent : racisme, antisémitisme, islamophobie, follophobie, grossophobie, sexisme, sérophobie...

Et que dire des personnes LGBTQI qui cèdent aux sirènes du nationalisme et de l’extrême droite,se rendant complices des violences que nous subissons, ici et dans le monde ?!

Cette situation ne peut plus durer !

C’est pourquoi nous exigeons :
- la PMA pour touTEs, sans discrimination de l’orientation sexuelle et/ou de genre, et/ou de la nationalité ;
- le changement d’état civil démédicalisé, libre et gratuit, sur simple déclaration en mairie pour les personnes trans ;
- la régularisation de touTEs les sans papièrEs et la libre circulation et installation pour touTEs ;
- la décriminalisation des travailleuses et travailleurs du sexe ;
- l’arrêt des mutilations sur les personnes intersexes ;
- un système de santé gratuit, inclusif, sans jugement, respectueux des identités de genre et/ou des orientations sexuelles ;
- l’ouverture du don du sang sans conditions aux HSH ;
- la mise en place d’un réseau de soutien international pour les personnes LGBTQI, en Tchétchénie et ailleurs ;
- l’abrogation de la loi asile-immigration et de toutes les lois racistes

Refusons de nous rendre invisibles ! Soyons fièrEs des multiplicités de nos identités et de leurs expressions ! Ne laissons plus personne porter atteinte à nos libertés, à nos corps, à nos désirs, à nos identités, à nos amours ! Refusons de nous taire ! Soyons en colère ! Passons à l’offensive !

A Toulouse, en France et dans le monde, soyons solidaires et fierEs : nos fiertés n’ont pas de frontières !

Samedi 9 Juin - 14H - Place du Capitole

Signataires : Act Up Sud-ouest, Clar-T/I, CNT 31, Jeko Toulouse, UAT, OCML VP, JATE, Grisélidis

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