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Contre l’antisémitisme, refusons l’unité nationale avec la bourgeoisie ! Non à la criminalisation de l’antisionisme !

On a d’abord eu le Gilet Jaune beauf, individualiste, anti-écologiste, violent ; on a maintenant le Gilet Jaune complotiste et antisémite. Le mouvement des gilets-jaunes est un mouvement de révolte contre nos conditions de vie, influencé à la fois par des idées et des organisations progressistes ET réactionnaires. Et oui, des antisémites sont présents dans le mouvement des Gilets Jaunes. Que ce soit des personnes influencées par des thèses complotistes, des militants de l’extrême-droite fasciste, des sympathisants de Soral ou de Dieudonné voir des islamistes, c’est une réalité que l’on ne doit pas masquer. Nous sommes clairs, ces réactionnaires et leur expression politique doivent être fermement combattus. C’est d’ailleurs ce que nous faisons depuis le début du mouvement dès que nous en avons l’occasion.

 

Les insultes antisémites à l’encontre du réactionnaire Finkielkraut samedi dernier à Paris ainsi que de récents actes antisémites en France (et leur forte exposition médiatique) ont conduit à une nouvelle offensive de la bourgeoisie. Ainsi mardi dernier lors des rassemblements, c’était l’union sacrée du PCF aux Républicains. Nous l’affirmons haut et fort, nous n’avions rien à y faire, nous refusons cette union nationale. Pas question de manifester aux côtés de ceux et celles qui nous exploitent, ceux que nous combattons avec nos gilets jaunes et qui nous répriment ! Pas question de dénoncer l’antisémitisme aux côtés des mêmes politiques bourgeois qui organisent le racisme structurel au sein de l’Etat et mettent en place ces politiques envers d’autres franges de la population (principalement les Arabes, les Noirs et les Rroms, avec ou sans-papiers). La bourgeoisie et sa république n’ont jamais été un rempart contre l’antisémitisme et toute autre forme de racisme et d’oppression.

 

Récemment les tentatives de réhabilitation de textes d’antisémites notoires comme Charles Maurras ou Louis-Ferdinand Céline montrent que cette culture antisémite française est bien toujours présente dans les élites bourgeoises. Dans un même temps, le soutien indéfectible de l’impérialisme français à l’État colonial et raciste d’Israël contribue aussi à renforcer l’antisémitisme au sein du peuple. C’est dans ce sens qu’il faut analyser l’annonce de Macron au dîner de gala du CRIF mercredi dernier. Il a annoncé que l’antisionisme serait désormais assimilé à de l’antisémitisme. Le lieu n’a rien d’anodin, ces dîners sont l’occasion chaque année pour l’Etat français et ses gouvernements successifs (de gauche comme de droite) de réaffirmer son soutien historique à Israël. Cette annonce forte marque une nouvelle étape dans la criminalisation du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien et du soutien à sa résistance, c’est à dire la lutte antisioniste.

 

L’antisionisme est aux antipodes de l’antisémitisme. L’antisionisme, c’est se battre pour la destruction de l’Etat d’Israël, Etat colonial et raciste par nature, Etat fondé sur le nettoyage ethnique et la ségrégation contre le peuple palestinien. L’antisionisme, c’est se battre pour une Palestine libre, laïque, multiculturelle et démocratique sur toute l’étendue de la Palestine historique, de la Méditerranée au fleuve Jourdain, ainsi que le droit au retour et à la réparation pour les réfugiés palestiniens. Tous ceux qui acceptent ce projet pourraient y vivre sur un pied d’égalité, quelle que soit leur confession ou leur appartenance ethnique. C’est ce que le mouvement de libération nationale palestinien a historiquement défendu et ce que sa frange progressiste et révolutionnaire défend toujours aujourd’hui. L’antisionisme est donc un point de vue politique antiraciste et démocratique par nature. N’oublions pas que pendant longtemps, tous ces gouvernements pseudo-démocratiques, en France, aux USA ou en Grande-Bretagne, ont soutenu le régime raciste de l’Apartheid en Afrique du Sud ; aujourd’hui, tous répudient ce régime raciste et oppresseur. Pour Israël comme pour l’Afrique du Sud, nos gouvernements n’agissent pas par soucis de la justice et de l’antiracisme, mais en fonction de leurs intérêts géopolitiques.

 

Il est vrai que bien des antisémites, pour se mettre à l’abri de la loi, se proclament « antisionistes », créant une confusion entre antisémitisme et antisionisme véritable. Nous l’affirmons depuis longtemps, Dieudonné, Soral et tous les antisémites font le jeu du sionisme, l’annonce de macron en est le parfait exemple. Nous n’avons rien à voir avec eux. Plus largement, l’antisémitisme est une forme de racisme et d’oppression bien réelle. Cela va des vieux préjugés racistes, les thèses complotistes ou le négationnisme, jusqu’aux agressions verbales et physiques et même au meurtre. Il n’est pas l’apanage de l’extrême-droite comme peuvent le laisser entendre certaines organisations "de gauche" ; il n’est clairement pas non plus l’apanage des noirs et des arabes des quartiers populaires comme l’affirment les réactionnaires les plus immondes dans les médias ces derniers jours. Il est présent autour de nous, au sein du peuple, tant chez des blancs que chez des non blancs. Pour paraphraser le marxiste allemand Bebel, « l’antisémitisme est l’anticapitalisme des imbéciles » : il nous divise et désigne de faux coupables à nos problèmes.

 

Nous révolutionnaires et progressistes nous devons lui opposer une lutte sans concession, sur nos lieux de travail, dans nos organisations et dans nos luttes. Nous luttons contre l’antisémitisme et nous sommes antisionistes pour les mêmes raisons : nous sommes internationalistes, anti-impérialistes, antiracistes. Face aux calomnies de la bourgeoisie, nous le défendrons, de la même manière que nous défendrons la mémoire des combattants communistes qui ont toujours été à l’avant-garde du combat antifasciste. Nous sommes fiers des Grzywacz, Rajman, Fingerweig, communistes juifs tombés aux côtés de Missak Manouchian.

 

Pas de quartiers pour l’antisémitisme !
Non à la criminalisation de l’antisionisme !
Contre le racisme, unité des prolétaires !

 

OCML Voie Prolétarienne, le 23 février 2019

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