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Sur l’Etat de dictature du prolétariat

Cause du Communisme n°2

Extraits de la Cause du Communisme n°2 - 1982

Introduction :

Les thèses du 2ème Congrès de l’OCML Voie Prolétarienne sanctionnent nos différents travaux théoriques et politiques, nos expériences et nos débats, sur des points jugés indispensables à la poursuite de la construction de notre organisation et, au-delà, d’un parti communiste. Elles ne rayent donc pas le passé, et de nombreuses questions pas ou peu abordées ici, restent posées ou résolues relativement sur la base de documents antérieurs à ce Congrès. Malgré tout, parce qu’elles constituent une synthèse et donc forcément un pas en avant, ces thèses seront l’étalon de mesure des documents d’orientation et des travaux théoriques précédents.

 

NOTRE CONTINUITE DANS LA REELABORATION PROGRAMMATIQUE ET STRATEGIQUE

 

Lors de la création de VP en Février 1979, nous nous sommes fixés des tâches d’élaboration théorique. Le Document d’orientation indiquait : "Les marxistes-léninistes ont encore à accomplir des tâches théoriques de grande ampleur pour écraser théoriquement l’opportunisme et guider son écrasement pratique" (1). Cette formulation générale reflétait un flou certain sur les objectifs et la méthode de cette réélaboration. C’est le débat international sur le rôle et les mérites de Mao, la caractérisation de la Révolution Culturelle Chinoise, lancé par les albanais en 1979 qui a éclairé notre lanterne. Dans une résolution de Juillet 79 (2) nous avons précisé : " [La ligne générale du M.C.I] ne peut être élaborée sans qu’un approfondissement de la critique du révisionnisme moderne ne soit fait. Cet approfondissement nécessite une étude critique de la 3ème Internationale Communiste et de la direction de Staline en URSS, une analyse des sources du chauvinisme et du démocratisme autour de l’expérience de la 2ème Guerre Mondiale, et une étude de la GRCP (3), qui est la plus grande révolution prolétarienne de notre époque et dont les apports sont indispensables au prolétariat pour avancer dans la voie de la prise du pouvoir et de la consolidation de ce pouvoir ".

 

Nous avons alors défini nos priorités dans cet approfondissement : réévaluer l’expérience historique de la dictature du prolétariat et étudier la crise actuelle et les théories des crises dans le M.C.I. C’est surtout sur la première question que nous avons avancé tandis que nous prenions du retard sur la seconde. Réévaluer l’expérience historique de la dictature du prolétariat, c’était en fait redéfinir le contenu de la lutte des communistes, le processus par lequel s’opère la transition du capitalisme au communisme, les contradictions de la société de transition, et en fin de compte reformuler notre Programme Général.

Une telle reformulation n’est pas une question en dehors de la lutte des classes, en dehors des préoccupations des masses : l’image du "socialisme réel" est profondément dévaluée et l’absence de perspectives politiques, mobilisatrices, qui en résulte joue un rôle d’accélérateur du reflux du mouvement ouvrier et de la débandade des organisations révolutionnaires. Et l’offensive idéologique de la bourgeoisie porte précisément là-dessus : tenter d’enterrer définitivement la perspective révolutionnaire et la référence au communisme, en se saisissant de l’échec final d’une période du mouvement communiste pour en donner une explication bourgeoise libérale. Les "nouveaux philosophes", les "nouveaux économistes", les anciens militants, etc... le personnage du traître ou du transfuge devient la vedette médiatique quotidienne.

 

Si la définition renouvelée du Programme Général et des objectifs de la transition était la tâche de l’heure, elle n’avait cependant pas une vertu miraculeuse immédiate. D’abord parce qu’une ligne nouvelle ne peut en aucun cas se légitimer par sa seule existence littéraire. Ensuite parce que sa traduction en pratiques renouvelées se heurtait à la fois à un ensemble de conditions objectives et subjectives défavorables que l’on résume par "reflux", et à la fois à nos propres limites dans la remise en cause de notre héritage théorique et politique. En fait, il fallait à partir de notre remise en cause des questions de programme communiste et de la société de transition : renouveler notre analyse de l’impérialisme contemporain, repenser nos conceptions stratégiques et tactiques, rompre avec une conception de l’organisation communiste dans ses rapports internes et externes. C’est à partir de 1981 que s’est ouvert dans nos rangs le débat sur toutes ces questions et ce Congrès ne sanctionne qu’une étape de ce débat toujours d’actualité. Si ce débat a été long et difficile, c’est parce que nous avions plus détruit que construit : en ouvrant les vannes de la remise en cause de nos fondements programmatiques, nous avons de fait remis en cause tout le reste sans pour autant apporter de solutions de rechange. Nous avons alors heurté des habitudes militantes acquises (les certitudes "de béton"), d’apparence sécurisantes mais en réalité aliénantes ; et ce, sur fond de reflux du mouvement ouvrier.

Sommaire :

L’Etat de la dictature du prolétariat

 

Introduction

 

1) La révolution : la prise du pouvoir dans la superstructure
2) La superstructure : un enjeu de la lutte des classes
3) L’état socialiste et la dictature du prolétariat
- a) L’état socialiste au service du prolétariat
- b) Transformer et faire dépérir l’État socialiste
- L’Opposition Ouvrière
- Trotsky
4) Les erreurs de Staline sur la question de l’État
5) Le Parti du Travail d’Albanie ou la fidélité aux erreurs de Staline (2ème réponse à E. Hoxha)
6) La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne

 

Annexes
1) « Des démocrates bourgeois aux responsables engagés dans la voie capitaliste »
2) « Les écoles de cadres du 7 mai »
3) « La classe ouvrière doit exercer sa direction en tout » (Yao Wen-Yuan)

 

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