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Quels débouchés politiques à la révolte et aux émeutes ?
Déclaration du 25 octobre 2026
La rage du peuple
La jeunesse a mis le feu à la France réactionnaire pour rejeter une société qu’elle ne supporte plus.
• Une société où la priorité est la guerre et la militarisation, où on envoie des troupes en Arabie Saoudite, où il n’y a plus un sou pour l’éducation, comme pour la santé d’ailleurs. Tout pour l’armement, rien pour les jeunes !
• Une société raciste où les jeunes de banlieue ne sont vus que comme des sauvages, des barbares et des « émeutiers » qu’il faut mater par la force sans limite. Et d’un autre côté, on cherche à les embrigader avec le projet de commémoration pour le 11 novembre… « Honneur à nos morts » soi-disant ! Oui, la chair à canon des conflits impérialistes, passés et à venir !
• Une société de classe où on va sélectionner, année après année, celles et ceux qui vont faire partie des heureux élus qui vont réussir, les autres sont abandonnés à leur sort de chômeur et prolétaire. Abolition de ParcoursSup et MonMaster, instruments de cette sélection de classe !
• Une société où la violence est partout, en particulier dans l’éducation, contre les jeunes qui doivent la fermer et filer droit, contre l’exclusion programmée. Mais aussi dans toute la société, chômage, précarité, pénibilité du travail, flexibilité, les prolétaires sont la chair à canon de la guerre économique mondialisée. Ca suffit !
• Une société où l’Etat se croit tout permis pour réprimer les jeunes de la manière la plus barbare, tabassages en règle pendant les GAV, tirs de LBD, gazages sans raison, la flicaille est déchaînée, surtout en banlieue. A Aubervilliers, une maternelle a été gazée !!
Les jeunes ont raison ! Ils rompent le silence de la rue et allument la flamme de la rébellion ! Nous devons leur emboîter le pas et continuer le combat ! UNE ÉTINCELLE PEUT METTRE LE FEU À TOUTE LA PLAINE comme le disait Mao Zedong !
Ils ont réussi à rompre la passivité et l’impuissance qui écrasaient la classe ouvrière et les couches populaires.
Face à la crise économique, la misère, le chômage, la précarité, face à la crise budgétaire et de la dette confrontée aux milliards de profits récupérés par les bourgeois, face la crise écologique dont tout le monde se moque, canicule, toxiques chimiques, agroindustries, pollutions des eaux et des terres, face à la dégradation permanente de l’éducation et de la santé, face aux violences policières déchaînées, l’accumulation des catastrophes a produit ce qui devait se produire : la RÉVOLTE et la RAGE DU PEUPLE, avec la violence légitime que mérite une violence et une arrogance d’Etat insupportable.
ON A RAISON DE SE RÉVOLTER ! Nous saluons le courage, la détermination, la solidarité remarquable des manifestants venus de tous les horizons pour en découdre avec le gouvernement et les effets calamiteux de sa politique d’exploitation.
Non ce qu’on a vu ce ne sont pas des « hordes de racaille venus de banlieue pour piller et profiter », comme se plaisent à le répandre droite et extrême-droite, repris par certains secteurs de la petite-bourgeoisie paniquée de peur ! Ce qu’on a vu, c’est la colère des couches populaires qui n’en peuvent plus de la dureté de la vie et du système. Jusqu’à la solidarité de lycéens bourgeois pas vraiment concernés, venus soutenir la banlieue !
La mobilisation a dépassé toutes les attentes.
On attendait 200 000 personnes dans les rues, elles étaient 800 000, et à nouveau le 24 ! Même le ministère de l’intérieur a été obligé de revoir tous ses chiffres à la hausse en cours de journée, en reconnaissant qu’il avait été complètement dépassé.
• On attendait une forte mobilisation des lycéen.ne.s, elle était là. Fait notable par rapport aux mouvements précédents, les lycées professionnels étaient dans l’action.
• Mais elles et ils ont entraîné les étudiants, dont la plupart des universités et écoles supérieures ont été touchées.
• Elles et ils ont fait ressortir du tiroir les Gilets Jaunes les plus déterminés, celles et ceux qui n’ont jamais abandonné le combat entamé en 2018, motivés par la misère et la cherté de la vie. Plus ou moins pacifiques, plus ou moins radicaux, ce sont des prolétaires appauvris qui ont tout de suite « compris » le mouvement et n’ont pas peur de l’affrontement, et ont été embarqués dans la vague « Gilets jaunes et jeunes tous ensemble » !
• Elles et ils ont entraîné les syndicalistes à leurs côtés, ce qui est une grande nouveauté par rapport aux mouvements précédents où ceux-ci n’avaient pas été très nets. Là, on a vu une réelle mobilisation des militants combatifs CGT et SUD en particulier venus protéger les jeunes contre les violences policières.
Pour l’instant, la classe ouvrière organisée dans son ensemble n’est pas mobilisée, attentiste, effrayée par les violences, encore passive. On verra de quoi sera fait l’avenir, avec les appels à la grève à partir du 5 novembre, après les vacances scolaires. Les mesures d’austérité et la misère croissante, confrontée aux milliards honteux accumulés par la grande bourgeoisie capitaliste et impérialiste peuvent alimenter le feu de la plaine allumé par les lycéens.
• Elles et ils ont entraîné les jeunes de banlieue, exclus, rejetés dans des lycées poubelle, réprimés quotidiennement par une police raciste et violente. Elevés dans une société où le pillage des richesses par les bourgeois est la règle, quoi d’étonnant à ce qu’ils soient venus en découdre et s’affronter, d’autant qu’ils sont plutôt habitués à répondre aux violences policières. Les réseaux sociaux jouent hier et aujourd’hui un rôle important dans la mobilisation, contradictoire sans doute, mais réel.
• Elles et ils ont gagné la large sympathie des couches populaires, malgré la propagande honteuse des médias sur les pillages pour répandre la peur et tenter d’éteindre le mouvement. La solidarité a été très forte : les parents qui manifestent avec leurs enfants, les jeunes qui protègent les anciens dans les manifestations, les enseignants et les syndicalistes qui tentent de limiter la violence policière.
• Les nouvelles mobilisations du 24 ont monté que la mobilisation ne faiblit pas, malgré les vacances scolaires, malgré la météo pourrie, malgré la répression féroce.
Les réformistes ont beau tout faire pour ramener le mouvement à des affaires de gros sous (salaires, moyens pour l’école) et de meilleure répartition des richesses, certes légitimes mais sans contester le capitalisme, cette mobilisation sans précédent, c’est la rage du peuple qui n’en peut plus de ce système, la colère et la violence légitime. C’est notre camp, c’est notre combat, nous y participons.
Au-delà, c’est à 8000 kilomètres de la région parisienne que le premier blocus a eu lieu fin août, au lycée d’Acoua à Mayotte. Depuis la révolte s’est étendue à la Guyane, la Réunion, la Martinique et particulièrement contre la vie chère en Guadeloupe, avec en plus cette dimension anticoloniale propre à ces territoires.
Dans toute l’Europe et dans le monde entier
Le gouvernement et les médias tentent de nous vendre une révolte de la racaille qu’il faut mater brutalement en lâchant quelques miettes aux gentils lycéens manipulés.
Mais c’est partout que la révolte explose ! En Espagne, c’est la crise du logement et la hausse des loyers qui met les couches populaires dans les rues, aujourd’hui rejointes par les jeunes qui suivent l’exemple français. En Allemagne c’est le rejet de la militarisation et du retour du service militaire qui mobilise la jeunesse. En Albanie et en Serbie, c’est la lutte contre la corruption. En Italie, les émeutes de la jeunesse prennent la même tournure qu’en France. En Belgique, au Portugal, en Grèce la mobilisation s’étend.
Au Chili et en Amérique Latine, au Bengladesh, en Turquie, partout, la révolte de la jeunesse en France est observée avec enthousiasme comme symbole d’une nouvelle manifestation de la GenZ contre le système et l’ordre impérialiste.
Qui nous fera croire que le 17 octobre, c’est un petit problème d’humeur lié à des erreurs de gestion gouvernementales ? Une simple question de répartition des richesses ?
La généralisation de la révolte est la preuve du caractère généralisé de la crise du capitalisme et des tentatives de toutes les bourgeoisies de la faire payer à la classe ouvrière et au peuple, tout en se gavant par tous les moyens.
Nous assistons en même temps aux ravages de la guerre économique mondialisée, et au pourrissement du capitalisme qui se gave de manière éhontée dans cette période de déclin face aux concurrents impérialistes.
La faillite d’une bourgeoisie impuissante
Le gouvernement est aux abois. Pris lui aussi dans les contradictions d’une crise économique, financière, budgétaire, elle n’a plus de solutions immédiates et ne cherche à survivre que par la répression la plus dure pour faire ensuite passer tout un kit de mesures antipopulaires. Et en répandant la peur par les médias qu’elle contrôle, pour pousser à la radicalisation de certains secteurs de la petite bourgeoisie, traditionnelle (commerçants, professions libérales), ou salariée (cadres), caressés dans le sens du poil après les pillages. C’est l’image des « hordes de racaille de banlieue qui viennent piller ».
Est-on pour autant dans une situation révolutionnaire comme certains semblent le penser ? Non, l’appareil répressif, armée, police, largement gagné par le fascisme, est encore solide, et la bourgeoisie a encore plusieurs fers au feu.
L’hypothèse RN d’abord, malheureusement la plus probable, un régime autoritaire, militarisé, pas tout à fait le fascisme mais beaucoup plus dur qu’actuellement. Le néologisme de « démocrature » semble bien adapté, avec le soutien de la grande bourgeoisie impérialiste, Bolloré, Stérin, qui seront évidemment rejoint par les grands patrons du MEDEF trop soulagés d’avoir la paix sociale. Déjà, le gouvernement laisse parader une milice fasciste à Lyon en plein couvre-feu, d’autres nazillons agresser les manifestants à Nice, Montpellier, Clermont-Ferrand et ailleurs sans intervenir…
Paradoxalement, même si l’ennemi principal du gouvernement est ciblé contre le danger de la prétendue ultra-gauche et la LFI, l’hypothèse JLM (si elle se concrétise) est également une option réformiste de survie du système. Une option contre-révolutionnaire qui entraînera les masses populaires dans l’impasse, incapables de réformer le capitalisme pourrissant en crise générale. Comme l’ont fait remarquer beaucoup, on ne peut pas en même temps prétendre à une image révolutionnaire et se présenter en bons futurs gestionnaires d’un capitalisme à visage humain… L’échec ultérieur inévitable d’une telle option réformiste amènera tout aussi inévitablement le retour des fractions les plus dures de la bourgeoisie au gouvernement (voir Syriza en Grèce).
Les autres variantes politiciennes (LR, PS, PC, Renaissance, Verts…) sont aujourd’hui anecdotiques.
Enfin, toutes les réactions sont polluées par les perspectives électorales de 2027 où chaque faction joue sa carte dans un contexte décomposé, au plan économique, social comme politique.
On risque fort de retrouver l’affrontement entre un camp de l’ordre contre le camp du chaos. Les plus anciens n’ont pas oublié les élections de Juin 1968, juste après la grande grève générale, qui avaient mis à l’Assemblée nationale l’uniformité de la couleur bleu horizon de la droite la plus réactionnaire…
La répression de l’Etat
La bourgeoisie n’a donc pas d’autre choix que la répression la plus dure. Elle est multiforme :
– Les provocations dans les manifestations avec les faux casseurs et vrais flics, filmés en train d’attiser la révolte avant de se réfugier dans les rangs de forces de l’ordre. Il faut créer le chaos pour justifier le maintien de l’ordre par tous les moyens.
– La répression ultra-violente, tirs tendus de LBD ou de grenades assourdissantes, mains arrachées, yeux crevés, traumatismes crâniens. Jusqu’à un mort provoqué apparemment par la densité des gaz lacrymogènes. Il s’agit de faire peur, d’utiliser véritablement la menace du handicap au sens propre, du stress, pour en finir avec les mobilisations radicales.
– La torture dans les commissariats et les dépôts, avec un nombre inégalé de gardes à vue, les claques et les coups de poing, les agressions sexuelles, le racisme, les violences systématiques, les insultes et le harcèlement, les conditions innommables de rétention dans les dépôts, à tel point que les magistrats sont obligés de s’en émouvoir. L’objectif, c’est de casser une génération de lycéens politisés et qui ne s’en laissent pas compter.
– Les passages en comparution immédiate, les jugements à la chaîne, des réquisitions tellement honteuses, que les juges sont obligés de nuancer. Retenez bien cela : il vaut mieux battre sa femme et ses enfants, détourner des millions, qu’être l’auteur d’un vol à l’étalage, voilà la leçon répétée par la justice aujourd’hui. On revient à Hugo et La Fontaine, « selon que vous serez puissant ou misérable… »
Il faut défendre inconditionnellement tous les prévenus, refuser de « séparer le bon grain de l’ivraie », être aux côtés de toutes les victimes de la répression gouvernementale !
– Les jeunes de banlieue arrêtés sont de plus en plus jeunes, 13, 14 ans… Dans les banlieues populaires, on ne reconnaît pas le statut d’enfant, d’ados, ce sont tout de suite des « racailles », et la police s’en donne à cœur joie.
– Les interdictions de manifester dans toutes les grandes villes, les cars de sans-papiers bloqués à Orléans, les entraves de toutes sortes, les couvre-feux, les tentatives de faire appel à la police municipale, bientôt l’armée ?
Le gouvernement fait tout pour casser le mouvement, diviser, criminaliser, réprimer sans limite. C’est tellement énorme que certains démocrates s’en émeuvent.
Pourtant, rares sont celles et ceux qui reviennent au « Ça peut plus durer ! » porté par les manifestants ! Les réformistes préfèrent revenir sur les revendications économiques immédiates…
Que penser des pillages ?
Nous ne passerons pas à côté de cette question sensible qui fait la une de tous les médias pour décrédibiliser le mouvement.
D’abord, insistons : c’est un point SECONDAIRE de la mobilisation. Ne nous trompons pas de camp face à toutes les variantes bourgeoises ou petites-bourgeoises. L’aspect PRINCIPAL, c’est la Rage du Peuple et sa colère légitime.
Ensuite, qu’on le souhaite ou non, la casse et les pillages sont partie intégrante de tout soulèvement insurrectionnel, de toute émeute.
On n’a pas oublié l’incendie du Parlement de Bretagne à Rennes par les marins-pêcheurs en 1994. Ou les multiples exactions réactionnaires des paysans de la FNSEA ou des agrofascistes de la Coordination Rurale.
Marx revient à plusieurs reprises sur les émeutes :
« Bien loin de s’opposer aux prétendus excès, aux exemples de vengeance populaire contre des individus haïs ou des édifices publics auxquels ne se rattachent que des souvenirs odieux, il faut non seulement tolérer ces exemples, mais encore en assumer soi-même la direction. » Extrait de l’« Adresse du Comité central à la Ligue des communistes », rédigée par Karl Marx et Friedrich Engels en mars 1850.
« La bourgeoisie du monde entier qui contemple complaisamment le massacre en masse après la bataille, est convulsée d’horreur devant la profanation de la brique et du mortier ! » Marx, La guerre civile en France, 1871.
Marx parle des symboles publics ou des personnages haïs. Ainsi, que la mairie de Limoges ait brûlé, ou que le hall de la mairie de Marseille ait été saccagé nous importe peu. Mais nous remarquons que les exemples d’atteintes aux symboles du pouvoir d’Etat, commissariats, tribunaux, préfectures, mairies sont plus que rares – ils étaient bien protégés. On n’en est pas encore arrivé là dans la conscience politique des manifestants.
De même nous pouvons comprendre les attaques contre les boutiques de luxe, Applestore, téléphonie, boutiques de sport, opticiens, et autres. Ils sont le symbole d’une société de consommation dont les couches populaires sont exclues. S’attaquer à ces boutiques est la marque d’une aliénation, certainement, mais aussi la réponse à une exclusion insupportable. Soit. On a vu parfois aussi des pilleurs redistribuer immédiatement autour d’eux le fruit de leurs vols, les denrées de la vie quotidienne, on peut à la limite comprendre la logique « Robin des Bois ».
Mais nous ne pouvons laisser passer le pillage pour le pillage, tel qu’il s’est propagé sur les réseaux sociaux avant le 17 octobre, qui est allé jusqu’à s’en prendre physiquement aux commerçants ou aux clients de petits commerces. C’est nouveau dans les manifestations, quoiqu’on ait vu lors des manifestations de jeunes contre le CPE en 2006 des vagues de vols de portable à l’arraché. Alors bien sûr, comme le dit Politis, « les jeunes baignent dans un monde qui ressemble à un vaste pillage du faible par le fort » où les plus grands casseurs sont ceux qui s’attaquent à la santé, l’éducation, l’emploi, le logement. Bien sûr, ils sont abandonnés à eux-mêmes par toutes les forces politiques et réagissent comme ils peuvent. Bien sûr, ils ne sont pas « intrinsèquement » des voyous qui divisent le camp du peuple, et il y a tout un travail de politisation qui manque.
Mais il y a une ligne rouge à ne pas dépasser dans le soutien complaisant. Nous ne pouvons pas laisser croire qu’il s’agit là d’une révolte « révolutionnaire » et « récupératrice des richesses » qui leur échappent. A laisser se développer ces attitudes, on risque de le payer très cher à l’avenir, avec la manipulation possible par des forces intéressées de ces secteurs abandonnés et dépolitisés.
Quelles tâches pour aujourd’hui ?
Nous sommes dans une période qui n’est pas révolutionnaire, où les forces communistes sont très faibles, confuses et éparpillées (nous nous mettons dedans). Mais où la révolte est profonde et explosive.
Notre tâche principale n’est pas d’appeler à l’émeute et à l’insurrection, même si nous devons y participer avec tous nos moyens. C’est la même attitude qu’avait à l’époque Marx face à la Commune de Paris, dont il considérait le déclenchement comme prématuré.
La tâche principale c’est la construction du parti, l’appel à la politisation et à l’organisation et au premier chef de la classe ouvrière, encore en dehors du mouvement, malgré la mobilisation réelle des syndicalistes les plus déterminés. C’est à cela que nous consacrons avant tout nos forces. Sans parti ouvrier, sans avant-garde, l’émeute, la rage du peuple ne débouchera que sur la répression ou sur l’impasse réformiste.
N’oublions pas qu’une révolte, une insurrection peuvent être victorieuse et mettre à bas un régime ou un gouvernement, comme au Portugal en 1974, en Tunisie et en Egypte en 2011, au Soudan en 2019, au Népal en 2025. Il faut un parti d’avant-garde pour organiser les insurrections à venir, en être le Quartier Général pour qu’elles puissent survivre au-delà de la prise du pouvoir, comme la révolution bolchevique en 1917
Nous appelons la jeunesse révolutionnaire de la jeunesse prolétaire en révolte, pour ne pas laisser la direction à la jeunesse petite-bourgeoise, ou à tous les courants réformistes.
Nous appelons les militants honnêtes et combatifs du mouvement syndical à se coordonner pour tracer une perspective, en dehors des appareils réformistes si nécessaire. A mener la lutte de ligne dans les entreprises et les syndicats contre les préjugés racistes, pacifistes et légalistes qui freinent la formation d’une unité de classe.
Nous appelons à rejoindre et organiser sur une véritable base de classe le mouvement antifasciste qui se construit, pour éviter de poursuivre sur la voie du réformisme institutionnel d’Orléans.
Nous appelons à la défense de tous les inculpés, sans aucune discrimination, ils font partie du mouvement en cours.
Nous appelons à canaliser la rage et la violence, en évitant tous les pillages désordonnés qui n’ont comme objectif que la satisfaction d’un besoin immédiat.
Nous insistons sur l’urgence. Il est plus que probable que nous allons vers une accentuation de la répression et de la réaction sur tous les plans, avec l’élection d’une dirigeante fascisante aux prochaines présidentielles.
Nous nous adressons à tous les ancien.ne.s militant.e.s qui veulent reprendre du service, à tous les militant.e.s des cercles politiques éparpillés, à tous les syndicalistes et militants isolés qui comprennent qu’il n’y a d’autre issue que politique : vous le savez, la LFI n’est ni une perspective, ni un bouclier contre le fascisme. Alors, il est temps d’en finir avec l’individualisme de la protestation éparpillée, il est temps de reprendre la construction d’un parti vraiment communiste et révolutionnaire, appuyé sur le cœur de la classe ouvrière.
Nous comptons sur les secteurs les plus combatifs et conscients du peuple et du prolétariat : syndicalistes de classe, écologistes radicaux, militant.e.s de l’antiracisme et du féminisme radical, la jeunesse révoltée des quartiers, pour former avec nous ce Parti Communiste.