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Grippe A : Des « plans de sécurité sanitaire »

La « grippe A » n’a pas atteint, même pendant la période hivernale dans l’hémisphère sud de la planète, les chiffres menaçants de malades, ni même de morts, tels qu’évoqués par la propagande médiatique. Mais il ne faut pas croire que la campagne soit terminée. Quelle que soit la forme que peut prendre la maladie, la peur pandémique n’est pas seulement de la propagande.
Il y a bien sûr une menace, et d’autant plus que le mode capitaliste de production entraîne de vastes risques pour la santé des masses, notamment dans l’agro-industrie, l’élevage en batteries de volaille, de porcs et de bovins. Il est bien connu parmi les bourgeois, leurs chercheurs et scientifiques, médecins, virologues, biochimistes, etc, qu’une telle pandémie pourrait aussi à tout moment éclater à partir des centres ou laboratoires pharmaceutiques de recherches génétiques et microbiologiques, y compris d’armes biologiques. La bourgeoisie et ses Etats ne sont donc pas naïfs : une telle pandémie s’attaquerait aux personnes sans égard pour leur classe. C’est ici que réside l’intérêt politique de la bourgeoisie : il faut prendre des mesures pour assurer qu’au moins eux-mêmes puissent échapper au pire au cas d’une telle pandémie.
Et voilà que se dévoile leur propagande comme étant « l’intérêt commun ».

Nullement préoccupé par la vie et la santé des ouvriers et travailleurs, le gouvernement français s’est mis – avec une ferveur remarquable par rapport à ses homologues européens - à établir un plan national de sécurité sanitaire, prévoyant ...la quarantaine à la maison. On se souvient des premiers exercices de ce plan exécutés lors des vacances d’été, où plusieurs dizaines d’enfants se sont retrouvés enfermés dans leur centre de vacances en montagne, à Barcelonnette, par exemple, sans qu’aucun/aucune des jeunes n’ait été vraiment malade.
Voilà les plans de la bourgeoisie – dans le cas de la grippe A comme de n’importe quelle autre « pandémie » : l’oppression contre les ouvriers et leurs familles pour le cas où ils seraient atteints d’une maladie infectieuse grave. Le plan d’intervention ne sert aucunement à guérir les malades, mais à les isoler, sans soins particuliers, en les privant pleinement de leur liberté. Les écoles et crèches sont prêtes à être fermées, sans aucune solution pour la garde des enfants ; les ouvriers exposés à des absences forcées, sans que soient prévues des indemnités.

Avec la rentrée en septembre et les chiffres de cas de « grippe A » non conformes aux rumeurs, ni la sévérité des symptômes, on décida de faire machine arrière, en déguisant ce qu’on avait déjà planifié. Le « plan national de pandémie grippale » a remplacé les images trop inquiétantes. C’est à toute entreprise, toute collectivité, de prendre des mesures de prévention contre une éventuelle propagation de la grippe, notamment, en achetant des stocks de produits hygiéniques et de masques, tout en constatant que les faibles stocks sont dus à la priorité aux pouvoirs publics à s’en procurer ; de prévoir une « réorganisation » du travail – « modification des horaires, travail à domicile » - afin de voir brisé le droit aux indemnités maladie ; de « mettre en place une cellule de crise » pour assurer la « continuité du travail » ; et le traitement médical préférentiel pour ceux qui y sont « indispensables ». Au cas où il y a recours à ces plans de quarantaine forcée, à un régime d’état d’urgence dans les entreprises et les collectivités, il faudra aux ouvriers et travailleurs être bien attentifs et ne pas tomber dans le piège de la propagande intitulée « urgence de mesures anti-pandémiques ». Il faudra décortiquer le caractère d’intérêt de classe de chaque mesure ! Eviter que la bourgeoisie en fasse simplement un peu trop, comme pour faire oublier la « pandémie » déjà existante, celle de la crise capitaliste avec tous ses maux et symptômes d’une maladie grave : chômage, licenciements, attaques contre les salaires et les retraites, le forfait hospitalier, etc.
Attention ! On peut très vite se trouver devant un impasse ! Que les syndicats, les réunions de délégués du personnel s’opposent fermement à la quarantaine forcée à la maison au lieu d’une cure à l’hôpital ! Qu’ils insistent sur le droit à l’indemnité pour toute période d’absence, qu’elle soit due à un état malade, à la fermeture de l’entreprise, de l’école ou de la crèche ! Qu’ils exigent le traitement au mieux possible de tout malade dans les hôpitaux ! A bas la loi Douste-Blazy qui prévoit des sanctions à l’encontre des médecins qui prescrivent trop d’arrêts de travail ! A bas le système d’oppression par l’Etat impérialiste !

Une militante

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