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A La Courneuve : les vrais problèmes

Dans la manifestation du 17 octobre, les femmes sans-papiers représentaient les forces vives des quartiers, venues des 4 coins du monde... et aussi de la banlieue Nord, où, la veille, s’était tenue une rencontre au local de l’association Africa, à La Courneuve.
Une soixantaine de femmes participaient à cette rencontre, enregistrée par la radio FPP. Courageuses, plusieurs d’entre elles témoignent de leur très grande détresse. Fatima, battue, quitte son mari et perd de ce fait son titre de séjour, malgré une embauche ferme de son employeur ; Soraya, femme de ménage vacataire, ne sera pas reprise après un congé longue maladie, elle survit avec le RSA ; Adila, victime de la polygamie, a connu une immense solitude : au Conseil Général, le représentant de l’Etat lui conseille d’accepter d’épouser son beau-frère pour être régularisée ! Elle a le courage de refuser. Toutes ces femmes cumulent : exploitation, domination, et souvent, hélas, conflit avec leurs maris, dont la plupart n’aident en rien leurs démarches pour la régularisation, quand ils ne les enferment pas !La crise touche durement toutes ces femmes, qui déclarent : « Avec la responsabilité des enfants, on est obligées d’accepter un temps partiel et parfois quelques heures de ménage ».

Une militante de VP-Partisan dénonce la précarité qui s’accroît, de nouvelles difficultés qui alourdissent le quotidien des femmes : recul des gardes d’enfants, difficile accès à la cantine, trop de temps perdu à faire la queue pour obtenir nos droits, à la CAF, à la Préfecture, etc. Les femmes manquent de temps pour se battre et s’organiser. C’est collectivement qu’on peut en dégager. Elle part de son expérience de femme de ménage pour inciter les femmes à briser leur isolement, pour créer le rapport de forces indispensable...

Au-delà de ces témoignages, il important de comprendre que ce que vit chacune ressemble à ce que vivent d’autres. Le chemin à suivre est tracé par les déclarations de femmes comme Karima : « Les femmes sans-papiers ne doivent pas s’enfermer chez elles ; il faut s’arracher au quotidien, le marché, l’école, la santé des enfants, et se battre pour nos droits de femmes ; j’ai obtenu ma régularisation et le regroupement familial grâce à mon engagement dans le combat associatif, ici, à La Courneuve ». C’est bien là l’essentiel, même si, au passage, la municipalité PCF se félicite d’aider les femmes, mais continue à se prononcer pour une régularisation sur critères (5 à 10 ans de présence) et en fonction des besoins de l’économie française.

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