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Lettre de Haïti

Les milliards qui ont été débloqués pour Haïti ne laissent aucune trace. On ne sait pas où ni comment ça a été dépensé. La seule chose qu’on peut dire, c’est que les réunions de Bill Clinton et de la commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) coûtent cher. Autrement dit, c’est une commission montée pour faire de l’argent sur le dos des sinistrés. Cette commission se contente d’organiser des réunions dans les hôtels les plus luxueux d’Haïti, de New York, de la République dominicaine, etc.
Pour les sinistrés, la vie sous les tentes devient une activité lucrative pour les ONG, et aussi pour les chefs de camp. Car chaque camp a un chef qui fait tout au nom des sinistrés, mais qui en profite aussi pour faire de l’argent. Effectivement, certaines personnes ont été relogées, mais par rapport aux promesses, ce n’est qu’une goutte d’eau dans un océan...
Et rien ne se fait en Haïti sans que ce ne soit sous la dictée des impérialistes. Les USA mettent la pression sur le gouvernement haïtien pour rompre la coopération avec Cuba et le Venezuela, sortir de « pétrocaribe ».
Pour les fêtes de fin d’année, la présidence a distribué des 4x4, des motos, et autres choses très coûteuses à des foules : gaspillage des fonds publics au lieu de les investir dans des projets sérieux. C’est la droite populiste. Partout c’est de la propagande, des photos géantes du président...

 

A Belladaire, à une des frontières haïtiano-dominicaines, la situation est alarmante. C’est le trafic et la traite des enfants sur la frontière. Le dossier est très sensible, et surtout, depuis le séisme, cela devient fréquent.
Actuellement, la ville de Cayes est en mouvement. Le mouvement de jeunes prend de l’ampleur. Il ne s’agit pas d’un mouvement social, c’est un mouvement de mobilisation des jeunes, en vue de prendre en main leur avenir.
Par rapport à la MINUSTAH, les jeunes sont très acides. Ils veulent son départ. Ils dénoncent la mainmise des impérialistes sur le pays. Ils écrivent sur les murs : MINUSTAH = choléra. Ils dénoncent le FMI, ils déclarent que FMI = la mort. La population haïtienne ne tolère pas la présence des militaires étrangers sur le sol national. Depuis l’occupation américaine de 1915-1934, les Haïtiens ont en majorité un sentiment anti-américain. Par contre, l’absence de formation fait que, pour une bonne partie de la population, seuls les Américains sont impérialistes. La population comprend parfaitement que, dès qu’un gouvernement a été établi, il est tout de suite récupéré par les impérialistes. C’est pour ça qu’ils avaient choisi Martelly, pensant qu’il était un vrai patriote. Mais ils se sont trompés.

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