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Emploi : La politique réformiste

Le nationalisme

Le chômage, pour les réformistes, ce serait la faute à la « mondialisation libérale ». Un protectionnisme (des taxes aux frontières) permettrait de « relocaliser ». C’est un vieux discours du FN (la préférence nationale), mais aussi du PC, depuis la bataille de la production en 1945, avec Duclos, pour reconstruire la France, en passant par le « produisons français » de Georges Marchais, et les campagnes de Robert Hue dans les années 1990 (nos emplettes sont nos emplois). La CGT, ces deux dernières années, en a aussi fait des tonnes avec les Assises de l’industrie. Cela évacue complètement la question de classe, au profit du cadre national. Plus d’exploiteurs, alliance avec la bourgeoisie ! Cela porte aussi l’illusion d’une relance par la consommation pour sortir de la crise.

Sans le pouvoir ouvrier

Les idées peuvent sembler bonnes, mais les solutions sont illusoires, car on reste dans le cadre du système. Prenons les propositions du Front de Gauche.
- reconquête du politique face à l’économique : ou c’est le pouvoir ouvrier, ou c’est bidon...
- faire émerger de nouveaux droits pour les salariés, les jeunes, les populations,
- établir un nouveau rapport capital/travail, mais sans remettre en cause l’exploitation...
- changer le rapport de forces au sein de l’entreprise et le contenu même de l’industrie : là encore, il faudrait un pouvoir ouvrier.

Avec l’impérialisme

Autre idée, il faut défendre la recherche et l’innovation comme garantes de la compétitivité. Cela renforce la spécialisation dans la division internationale du travail, au profit des impérialistes. C’est aussi une nouvelle forme du « travail fier » des ouvriers professionnels du PCF. C’est une vision de la technique comme neutre, alors que tout progrès consiste aussi largement à augmenter l’exploitation. Et dans le cadre de l’impérialisme, pour la majorité des composants, des matières premières et autres alliages, les entreprises françaises pillent les ressources des pays dominés : l’uranium du Niger pour Areva, le nickel du Gabon pour l’aéronautique, le lithium du Chili pour les piles, etc.

Du capitalisme d’Etat

Pour les tenants de ce réformisme, cela implique une définanciarisation de l’économie. On retrouve l’opposition entre un bon capitalisme industriel et un mauvais capitalisme financier. Dans la réalité, ils sont inséparables. Une des grandes revendications porte sur la création d’un pôle financier public qui, par son caractère nationalisé, voire « contrôlé par les travailleurs », serait soustrait à la logique du profit. C’est l’idée d’un Etat social à la place d’un Etat au service des « marchés ». Ce pôle financier permettrait aussi de soutenir des reprises par des coopératives ouvrières.
Souvenons-nous pourtant qu’après 1981 le système bancaire était nationalisé, et cela n’a pas empêché la liquidation de la sidérurgie, entre autres. Cette politique, c’est la défense d’un capitalisme d’Etat, pas celle de l’intérêt des ouvriers. C’est aussi la transformation de l’altermondialisme en politique de gouvernement. Ces idées surfent sur les exemples des gauches latino-américaines qui ont nationalisé les entreprises pétrolières.

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