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Une bataille d’anéantissement entre les géants de l’automobile
Partisan N°259 - Octobre 2012
Extraits d’un article du « Rote Fahne » n°19/2012, hebdomadaire du MLPD/Allemagne
Dans aucun autre domaine de l’économie mondiale que dans l’industrie automobile internationale, des changements aussi rapides ont eu lieu. Une bataille gigantesque d’anéantissement mutuelle se profile sur la base de la crise économique et financière mondiale.
Depuis des mois, les travailleurs de l’automobile sont exposés à une douche écossaise - primes chez BMW, Volkswagen et Daimler ; menaces de fermetures d’usines comme chez Opel (1) ; chômage économique comme chez Ford, et extension du travail pendant les week-ends comme chez VW. La vis de l’exploitation se serre de façon insupportable dans les usines de fabrication d’automobiles et chez les fournisseurs. Le chiffre d’affaire par salarié dans l’industrie automobile allemande en 2011 était de 488 091 euros, soit 7% de plus qu’en 2007. La méthode principale des monopoles pour imposer leurs projets est la tentative de diviser les équipes : intérimaires opposés aux CDD ou aux CDI ; sites et groupes industriels poussés à se monter les uns contre les autres comme des rivaux.
Les travailleurs de l’automobile - une puissance mondiale
Mais les équipes dans l’automobile qui travaillent dans des ensembles mondialisés de production ont le même ennemi : ce sont les monopoles géants de l’automobile qui accélèrent leur course pour être à la pointe du marché mondial, sans aucun égard pour l’humain et pour l’environnement. Ils se mènent une bataille gigantesque d’anéantissement, et une nouvelle réorganisation complète de l’industrie automobile internationale se fait sur le dos des salariés.
Dans le monde, le nombre de travailleuses et de travailleurs dans l’automobile est passé de 7,88 millions à 9,14 millions, des années 2000 à 2010. C’est une puissance énorme s’ils unissent leurs forces et ne se font plus diviser. Le désir de coopération transnationale a grandi parmi ces travailleurs de façon sensible. Ceci s’est vu par un plus grand intérêt pour le CITA (Conseil international des travailleurs de l’automobile) (2). Les participants de 25 pays s’étaient annoncés, représentants des millions de travailleurs de l’automobile.
Le MLPD et l’ICOR (organisation révolutionnaire internationale) feront tout pour mobiliser les travailleurs de l’automobile et leurs familles, mais également la population dans les centres de l’industrie automobile. Dans le but qu’ils s’engagent dans la lutte transnationale pour un avenir meilleur dans la perspective socialiste.
Qui dépasse qui ?
Avec la réorganisation de la production internationale, le poids relatif des pays et celui des compagnies automobiles ont considérablement changé.
Ainsi, en 2000, les Etats-Unis, de façon incontestée, était en tête de la liste des pays producteurs de voitures avec environ 25% de la production mondiale. L’an dernier, cependant, la Chine s’est affirmée comme n°1 avec près de 23% de la production mondiale. Les Etats-Unis régressent à 10,8%. L’Inde est passée à la 6ème place. De tout nouveaux pays se placent désormais parmi les 15 premiers : l’Iran avec 1,6 million de voitures en 2011 est en 13ème position ; la Thaïlande avec 1,5 million est en 14ème position, et la Turquie avec 1,2 million est en 15ème position. Des pays producteurs d’automobiles en tête pendant de nombreuses décennies, comme la Grande-Bretagne, l’Italie et la Belgique, ne se trouvent plus parmi les 15 premiers pays constructeurs.
Avec des restructurations permanentes, des acquisitions et des ventes, il y a aussi parmi les plus grands constructeurs automobiles une concurrence aiguë pour de plus grandes parts de marché mondial.
1 et à PSA (note de la rédaction de Partisan)
2 qui a eu lieu en mai 2012 à Munich /Allemagne, voir Partisan n°258.