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Le programme historique des Palestiniens

L’objectif du mouvement de libération national palestinien a pendant longtemps été clair : la libération de toute la Palestine. L’Organisation de Libération de la Palestine, ou OLP, qui regroupe les composantes historiques du mouvement national palestinien, l’avait inscrite dans la Charte nationale palestinienne de 1963, qui faisait office de programme politique du peuple palestinien. Pour l’OLP, l’objectif était la lutte jusqu’à l’abolition de l’Etat d’Israël et l’instauration d’un gouvernement unique sur toute l’étendue de la « Palestine de 48 », de la mer Méditerranée au fleuve Jourdain.

Rallier le prolétariat juif à la cause palestinienne

Par ailleurs, il était clair que la destruction de l’ « Etat juif » ne signifiait pas une politique anti-juive. Pour le Fatah, pour le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front populaire et démocratique de libération de la Palestine (plus tard FDLP), tout Juif qui se reconnaissait comme Palestinien était un habitant légitime de la terre de Palestine. La Palestine libérée et unifiée devait être démocratique, laïque, indépendante, garantissant l’égalité à tous ses citoyens. Les mouvements de gauche palestinien ont entretenu des liens avec des organisations politiques antisionistes israéliennes majoritairement juives comme le Matzpen. Pour la gauche palestinienne, les Juifs orientaux (appelés Mizrahi) n’avaient jamais cessé d’appartenir à la nation arabe. Il y eut également quelques hauts dirigeants palestiniens juifs, comme Ilan Halévi du Fatah. Le FDLP et le FPLP affirmaient qu’il était possible de rallier une partie du prolétariat juif au mouvement de libération national palestinien.

Deux Etats : le programme de l’impérialisme

La remise en cause du programme de libération totale de la Palestine alla de pair avec les reculs du mouvement de libération national palestinien. L’idée de partager la Palestine en deux Etats avait toujours été la ligne officielle des Etats impérialistes uniquement. L’idée fut cependant acceptée, à partir de la seconde moitié des années 70 et du début des années 80, par les directions du Fatah et du FDLP : les deux Etats n’étaient censés être qu’une revendication provisoire, en attendant la réunification de la Palestine. Mais en réalité c’était une capitulation devant l’ennemi. Les accords d’Oslo, qui ont créé l’Autorité palestinienne, censée être l’embryon d’un Etat palestinien, n’ont fait que soumettre officiellement la direction palestinienne à Israël et aux impérialistes, en les transformant en une couche bourgeoise bureaucratique chargée de gérer la population palestinienne via les aides internationales de Gaza et Cisjordanie et de réprimer les mouvements les plus combattifs pour le compte de l’occupant.

Défendons les revendications historiques du peuple palestinien !

A l’heure actuelle, l’idée d’un seul Etat est même reprise par certains sionistes, qui la présentent comme synonyme de l’annexion officialisée de la Cisjordanie par Israël et l’octroi de la nationalité israélienne aux Palestiniens qui y habitent, en échange de leur soumission et du renoncement au droit au retour des réfugiés, pour sauvegarder une majorité juive sur le territoire. Au final, une solution à la sud-africaine, avec une pseudo-égalité, mais une continuation de l’apartheid de fait. C’est pour cela que les revendications historiques du peuple palestinien restent indissociables : la Palestine réunifiée n’a pas de sens sans le droit au retour de tous les réfugiés, sans un Etat démocratique et indépendant de l’impérialisme. Un seul Etat démocratique sur toute l’étendue de la Palestine historique !

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