Vous êtes dans la rubrique > Approfondir > Femmes en lutte face à la crise

Femmes en lutte face à la crise

La situation de la grande majorité des femmes en France tient en quelques données bien connues, souvent dénoncées, mais finalement acceptées.

Concernant le travail :

- Les salaires des femmes demeurent de 26% inférieurs à ceux des hommes.
- Le taux d’emploi des femmes de 15 à 64 ans reste inférieur de 11 points à celui des hommes : beaucoup voudraient, mais ne peuvent pas travailler.
- Les femmes représentent 85% des temps partiels, et la majorité d’entre elles ne l’ont pas choisi, etc.
La société capitaliste a bloqué toute mesure d’envergure qui permettrait aux femmes d’exercer un travail salarié leur garantissant des ressources suffisantes pour l’autonomie financière.

Concernant la vie quotidienne :

La plupart des femmes continue à avoir le double rôle : travail salarié (sous- payé) dans des conditions difficiles, et travail domestique (travail invisible, non payé). Ceci a des répercussions sur les carrières interrompues des femmes : elles le paieront toute leur vie en ayant moins de promotions et parfois des difficultés pour conserver leur emploi.
A la fin de cette vie consacrée aux autres, les retraites des femmes atteignent péniblement 48% du montant de celles des hommes. Bien sûr, de grandes inégalités existent aussi au sein des femmes et des hommes selon les classes sociales.
La réalité, c’est que la société telle qu’elle est dirigée enferme les femmes et les hommes dans cette situation et les renvoie à des solutions individuelles.

La crise aggrave la situation des femmes :

Le nombre de femmes isolées s’accroît, et faire face à la crise est alors plus difficile. Une famille sur 5 est désormais « monoparentale », une femme seule avec enfant. Ces parents isolés sont deux fois plus souvent au chômage que les autres, et leur niveau de vie est inférieur de 25% à celui des autres ménages.
Les répercussions sur la santé sont impressionnantes : le stress et la dépression entraînent une surconsommation de médicaments.
L’accès à la contraception et à l’avortement stagne ou recule avec la fermeture de services hospitaliers d’IVG.
Qu’ont fait les gouvernements successifs pour aider ces femmes à améliorer leur situation ? Le constat est là, révoltant : la situation des femmes au travail et dans leur vie quotidienne se détériore grâce à la complicité de ceux qui ont le pouvoir et la responsabilité de faire les lois et de gérer les institutions.

 

Nous n’acceptons pas d’en rester là : nous voulons mieux comprendre pour mieux lutter. Cette indifférence de ceux qui détiennent le pouvoir à la question de l’égalité entre femmes et hommes est la même face aux inégalités sociales. En voici des preuves :
- Le développement ces 15 dernières années du travail en horaires atypiques qui mettent la vie en miettes, sans possibilité de prévoir le lendemain.
- Le développement du travail de nuit (doublé en 10 ans en particulier pour les femmes). L’augmentation du travail précaire ; la multiplication du nombre de personnes touchant des minima sociaux insuffisants.
- Les femmes dont la situation est la plus difficile se trouvent au recoupement de deux mécanismes de dévalorisation en termes de salaires, conditions de vie, projets d’avenir pour les enfants : elles sont ouvrières et prolétaires, donc peu qualifiées et sous-payées ; elles sont femmes, donc sous-payées et moins qualifiées au sein de la catégorie prolétaire.
Et tout en bas de cette exploitation : les femmes sans-papiers, heureusement en lutte pour sortir de l’ombre.
Voilà pourquoi nous disons : la lutte des femmes pour l’égalité ne s’arrête pas aux frontières de ce que la société bourgeoise entend par égalité, en maintenant une société de classe inégalitaire.
La lutte des femmes pour l’égalité n’est pas contre les hommes, mais contre un double système capitaliste et patriarcal. C’est une lutte pour une transformation sociale totale.

 

La solidarité internationale exprimée à cette rencontre est une de nos forces : avec les femmes des pays arabes en révolution, nous avons des intérêts communs à défendre.
Il ne nous suffit pas d’avoir un bulletin de vote pour désigner encore une fois des représentants qui mettront au second plan nos besoins, sous prétexte de priorité de redressement des profits capitalistes.
Il ne nous suffit pas non plus que la plupart de nos syndicats mettent « la question des femmes » à leur ordre du jour une fois par an, le 8 mars !
Notre combat de femmes des quartiers rejoint le combat ouvrier contre une société de classes qui oppose les prolétaires aux décideurs, hommes et femmes au pouvoir, qui s’accommodent des licenciements, du mal-logement, et de la paupérisation dans les quartiers.

Nous sommes debout, en lutte, on ne nous arrêtera pas !

Soutenir par un don