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Villiers le Bel : Justice de classe, justice d’exception, Pas de justice, pas de paix !
Communique de OCML VOIE PROLETARIENNE
Le 4 juillet, cinq jeunes adultes de Villiers-le-Bel ont été condamnés à des peines allant de 3 à 15 ans de prison. Ils auraient tiré sur des policiers après qu’un jeune de leur cité ait été tué lors d’un accrochage avec une voiture de police.
Voie prolétarienne dénonce les conditions de leur procès qui témoigne non seulement du caractère de classe de la justice, mais aussi du fait qu’elle devient, face à la montée de l’exaspération populaire, une justice d’exception. Les témoins sont anonymes et rémunérés. Les avocats n’ont pas pu les interroger. Qu’ils soient coupables des faits qui leurs sont reprochés ou pas, il fallait faire un exemple. Il fallait montrer que les attaques contre la police seront toujours plus lourdement sanctionnées. Par ce jugement, il fallait instaurer la peur dans les quartiers et renforcer le pouvoir répressif des appareils de l’Etat.
La justice de classe est toujours une justice d’exception. S’il suffit d’un témoin anonyme pour envoyer pendant quinze ans un prolétaire derrière les barreaux, nous sommes certains qu’il faudra beaucoup plus pour faire condamner un ministre, comme Woerth, pour avoir reçu d’une milliardaire de l’argent en liquide finançant son parti. Lorsque des jeunes refusent de dénoncer l’un des leurs à la police, les médias appellent cela des pratiques de bandes, voire mafieuses. Lorsque les bourgeois font de même et se serrent les coudes, ils n’utilisent pas le même vocabulaire, et n’y voient guère à redire.
La justice de classe est de plus en plus une justice d’exception, car l’exaspération des jeunes, leur ressentiment est de plus en plus fort. La géographie des violences policières est celle du chômage, de la discrimination sociale et raciste, de l’avenir bouché. L’Etat bourgeois peut chercher à contenir la révolte en augmentant la répression policière, la pression montera encore dans la marmite sociale. La police et la peur ne pourront pas maintenir le couvercle indéfiniment fermé. Contre l’injustice sociale, on a raison de se révolter.
A tous ceux qui prêchent la paix sociale, nous disons la violence la plus extrême est dans cette société capitaliste, dans l’exploitation et le chômage, dans le mépris avec lequel la bourgeoisie traite les prolétaires. Alors face à tout cela, ce n’est pas la violente révolte des jeunes qui doit être mise en cause. Ceux qui condamne leur violence sont les mêmes qui, face à l’aggravation de l’exploitation, propose de résoudre de façon responsable et pacifique les contradictions de cette société. Ce qui fait problème, alors c’est le pacifisme, le réformisme, la capitulation des organisations, syndicats ou partis, qui disent défendre nos intérêts, mais concilient avec ceux des exploiteurs. Peuvent-ils défendre nos intérêts dans les consultations auxquelles ils sont invités par le gouvernement, ou en organisant seulement quelques manifestations ? Ils nous appellent à voter pour eux car selon eux c’est au parlement qu’ils pourront mieux nous défendre. Mais, dans la crise plus que jamais, ce sont nos intérêts, nos besoins ou ceux de la bourgeoisie qui triompheront. Les nôtres nous ne pourrons les imposer que dans la résistance, dans la révolution, que par et dans l’affrontement à l’Etat bourgeois et non dans le marchandage responsable avec lui. En ce sens nous disons « pas de justice, pas de paix ! »