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Non à la fermeture d’AREVA Saint-Ouen
Tract du 21 mai 2005
Tract original en fac-similé à télécharger ci-contre
Le 21 Mai à la Bourse du travail de St Ouen, disons ensemble :
NON À LA FERMETURE D’AREVA ST OUEN !
En ce mois de mai se préparent deux événements qui nous concernent en tant que travailleurs. Un dont on parle beaucoup : le référendum européen, et l’autre dont on parle peu : une rencontre internationale de solidarité contre le licenciement des ouvriers d’AREVA, ex ALSTOM à St Ouen.
Or, il y a un lien entre ces deux échéances.
La fermeture programmée de l’usine AREVA de St Ouen, une des plus anciennes et plus importantes usines existant encore dans le 93, avec à la clé le 7ème et dernier plan de licenciements puisque c’est ce coup-ci la fermeture définitive qui est envisagée, est significative de la politique européenne des capitalistes.
Cette fermeture n’est pas isolée. Elle concerne en partie ou totalité d’autres entreprises du groupe, en France, en Allemagne, en Angleterre...
AREVA St Ouen fabrique des gros transformateurs pour les centrales nucléaires et les locomotives. Cette entreprise multinationale n’a pas de problèmes de carnets de commandes, mais ceux qui la dirigent veulent délocaliser pour fabriquer moins cher ailleurs avec l’objectif de conquérir les marchés chinois et asiatiques, et par la même occasion récupérer le profit de la vente des terrains dont la valeur augmente de jour en jour avec la spéculation immobilière. Un entrepreneur est déjà sur le coup pour construire des logements privatifs — pas des HLM, bien sûr ! — le même qui a déjà récupéré les terrains d’ALSTOM Le Bourget.
Pour les travailleurs, cela signifie licenciement, déménagement en province, pertes de salaires, allongement des temps de trajet, dégradation des conditions de vie ; quand ce n’est pas tout simplement le chômage de longue durée et le plongeon social.
Des conséquences en termes de santé
À l’hôpital Delafontaine, nous connaissons bien les conséquences désastreuses de cette politique. Nous recevons à longueur d’années de plus en plus de patients socialement exclus, dépourvus de droits et de protection sociale, démolis par le chômage, la misère, la dérive sociale et tous les maux qui s’y attachent : les maladies infectieuses, le saturnisme, l’alcool, la drogue.
Rappelons-nous les ravages dus soit disant à la "canicule", mais en réalité à l’isolement des personnes âgées et au manque de moyens de prévention et de lits d’hôpitaux.
Nous connaissons bien aussi les maladies professionnelles pas toujours reconnues comme telles. Les ouvriers d’AREVA que l’on veut aujourd’hui jeter à la rue, après tant d’autres, ont été particulièrement touchés par la maladie de l’amiante. Ils ont dû mener une lutte acharnée pour faire reconnaître les responsabilités des patrons dans la non prise en charge de ce risque.
Quel avenir pour les travailleurs de notre département ?
Le 93, comme d’autres avant lui, dans le nord ou l’est de la France par exemple, est un département sinistré d’emplois ouvriers. Certaines zones qui intéressent les spéculateurs immobiliers pour élargir les quartiers bourgeois de Paris vont être vouées aux immeubles de luxe et aux résidences privées Le reste sera transformé en cités ghettos pour prolétaires déclassés, en attendant de pouvoir les rejeter tous vers la périphérie.
D’où le projet de transformation de notre hôpital en super-hospice destiné à recevoir les vieux travailleurs, les éclopés de la vie, les exclus de toutes sortes. Tout le reste, tout ce qui sera rentable, sera transféré à des cliniques privées — ça l’est déjà en grande partie — Roseraie et Centre Cardiologique du Nord.
Est-ce cette société-là que nous voulons ? Certainement pas ! Alors quoi faire ?
Voter NON au référendum sur la constitution européenne, bien sûr, pour leur mettre une claque et leur dire que leur politique qui broie les hommes et les femmes, on n’en veut pas.
Mais entre nous, à part un petit remue-ménage politique franco-français, cela ne changera pas grand-chose. Si nous n’agissons pas à un autre niveau, leur Europe du profit et de l’exclusion, elle continuera à se mettre en place.
Alors quoi ? Eh bien, pour commencer, soutenir à fond les camarades d’AREVA contre la fermeture de leur boîte et leur licenciement. Nous ne devons plus laisser vider notre région de ce qui permet aux travailleurs de gagner leur vie plutôt que de végéter avec des aumônes. Les ouvriers d’AREVA ont toujours lutté non seulement pour leurs propres intérêts d’ouvriers, mais pour ceux de leurs camarades quand ils étaient en difficulté. Ils ont toujours été de tous les combats. C’est le moment de leur renvoyer l’ascenseur.
Avec le Groupe de Défense de l’Emploi qui les soutient, ils organisent une rencontre internationale de lutte le 21 Mai à la Bourse du Travail de St Ouen ; c’est l’occasion ou jamais de les soutenir et de construire ensemble une force de résistance sur notre département.
Ce sera l’occasion de débattre avec eux, et avec les travailleurs Belges, Allemands, Turcs, Maliens et autres qui seront présents, des formes d’organisation à se donner, non seulement pour empêcher les licenciements, mais pour construire une société fondée sur l’intérêt des travailleurs et dirigée par eux.
SOUTIEN AUX TRAVAILLEURS D’AREVA CONTRE LES LICENCIEMENTS
Venez nombreux à la rencontre internationale du 21 mai - Bourse du Travail de Saint-Ouen
30 rue Ambroise Croizat (métro Mairie de Saint-Ouen) de 15 h à 21 h. Un repas est prévu le soir ainsi qu’un spectacle de la compagnie “Jolie Môme”
• Non à la fermeture d’AREVA SAINT-OUEN !
• Non à l’Europe des licenciements, du chômage et de la misère !
• Non à l’Europe de la concurrence et du profit !
• Non à l’Europe du pillage impérialiste porteur de guerre !
• Non à une Europe forteresse, qui exclut les travailleurs des pays du Sud et les surexploite en tant que Sans-papiers !