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Partisan Magazine N°4 est sorti !

Editorial

Le Comité Central de l’OCML Voie Prolétarienne a décidé la réédition de ces quatre textes, maintenant réunis en un numéro spécial de ce Partisan magazine.
Ces textes sont parus initialement dans la revue La Cause du Communisme entre 1980 et 1981 pour trois d’entre eux, en 1984 pour le dernier. Revue théorique et politique de notre organisation parue jusqu‘au début des années 2000.
Ils forment en quelque sorte le socle théorique de notre compréhension de « l’alternative communiste » de la redéfinition d’un projet libérateur pour le prolétariat, débarrassé (au moins essentiellement) des dérives révisionnistes et opportunistes dominantes dans le mouvement progressiste, aujourd’hui comme hier. Ils donnent un cadre à « ce que nous voulons », et au projet que nous portons. Un cadre ne veut pas dire un dogme.
Certaines parties de ces textes peuvent paraître compliquées pour certains, d‘autres avec des erreurs et/ou des manques. C‘est une évidence, le travail théorique n‘a de sens que s‘il est confronté à une pratique politique qui plus est collective. Mais il n‘en demeure pas moins que ces textes sont encore d‘une grande actualité pour toute personne qui se pose la question : « On fait la révolution, ok, mais après ? ».

Avant de présenter plus en détail ces quatre textes, il convient de resituer leur élaboration dans l’histoire du mouvement communiste international en général, dans l’histoire de l’OCML Voie Prolétarienne en particulier.

Quelques rappels rapides sur la révolution chinoise

Dès la fin des années 50, les communistes chinois ont étudié les difficultés du développement économique en URSS et en ont entamé une critique politique radicale. Trois textes (officieux mais reconnus) jalonnent cette réflexion : « A propos des Problèmes économiques du socialisme en URSS de Staline » (novembre 1958), « Annotations des Problèmes économiques du socialisme en URSS » (1959) et « Notes de lecture sur le Manuel d‘économie politique de l‘Union Soviétique » (1960). Sans rentrer dans le bilan de la révolution chinoise (ce n‘est pas le lieu ici), on peut dire que cette critique vient en parallèle de l‘échec relatif du Grand Bond en Avant [1] qui a lieu pendant la même période. C‘est donc toute une réflexion sur la nature du socialisme et de la transition au communisme qui est ainsi commencé.

Ces premières démarcations sur le terrain économique vont ensuite être complétées par des désaccords politiques sur l’analyse de la situation mondiale. En 1963, c’est la première rupture publique entre la Chine et l’URSS, avec autour la publication des « Propositions concernant la ligne générale du Mouvement Communiste International » dite « la lettre en 25 points », sur le rejet de la coexistence pacifique et la critique de la collaboration de classe, tant au niveau mondial que dans les divers pays impérialistes ou dominés.

La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne débute ensuite en mai 1966 (nous allons prochainement en fêter le cinquantenaire, nous y reviendrons), pour mettre à bas la voie capitaliste au sein de l’Etat et du Parti et reprendre le chemin du communisme, et s’achèvera en 1969, au 9ème Congrès du Parti Communiste Chinois. Les contradictions politiques ne seront pas réglées pour autant, puisque les avancées du courant maoïste sont contrebalancées par la réhabilitation de Deng Hsiao Ping [2] au même congrès, et le développement de la Théorie des Trois Mondes [3] en 1974. C‘est aussi à cette époque que les communistes chinois théorisent les points les plus avancés de la Révolution Culturelle dans toute une série d‘articles de Pékin Information, sous le titre générique de « Marx, Engels et Lénine sur la dictature du prolétariat » (1975, disponibles en ligne sur notre site). Cet affrontement politique se terminera à la mort de Mao en septembre 1976 par une forme de coup d‘Etat dirigé par le bourgeois Deng Hsiao Ping et la restauration du capitalisme en Chine avec l‘arrestation de la dite Bande des Quatre [4] en octobre de la même année.

Nous ne développerons pas plus ici, ce sera le sujet d’un prochain numéro de ce magazine avec un dossier spécial sur les apports du maoïsme.
Mais il convenait de resituer les textes qui suivent dans le contexte de l’époque, ils ne surgissent pas du néant, ou de la pensée géniale d’on ne sait quel théoricien, mais d’une pratique politique de la lutte des classes, de la pratique de la critique et de l’autocritique et du combat permanent contre toutes les formes de révisionnisme et d’opportunisme.

La constitution de l’OCML Voie Prolétarienne à cette époque

Dès l’origine de notre organisation est posée la question du bilan de la Révolution Chinoise.

En février 1976 apparaît le Cercle Catherine Armand, qui publie le premier numéro de « Pour le Parti » en octobre de la même année, juste après la mort de Mao Tsé-toung et l’arrestation de la Bande des Quatre.

En novembre 1976, le Parti du Travail d’Albanie (PTA) critique la Théorie des Trois Mondes lors de son 7ème Congrès. Le débat est international. L’organisation « Pour le Parti » participe à cette campagne polémique aux côtés du Parti du Travail d’Albanie en publiant en décembre 1977 une brochure contre ces positions réactionnaires, en Chine et qui ont des partisans en France. A la même époque (février 1978), l’organisation « Voix (avec un « x ») Prolétarienne » de Lyon fait la même démarcation dans une autre brochure. En juillet 1978, c’est la rupture définitive entre l’Albanie et la Chine qui coupe toute aide au pays balkanique.

Au mois de décembre, « Voix Prolétarienne » (de Lyon) choisit son camp dans le feu de la polémique politique et idéologique, et publie une déclaration « Mao Tsé-toung, un grand marxiste-léniniste », qui sera reprise par « Pour le Parti ». En parallèle est élaborée par « Pour le Parti » une première brochure de fond, « La Dictature du Prolétariat, seule transition au communisme », fin 1978, qui s’appuie entre autres sur les développements des plus avancés des communistes chinois de 1975.
Mais à peine parue, cette brochure est confrontée à la publication (janvier 1979) d’un ouvrage d’Enver Hoxha, dirigeant du Parti du Travail d’Albanie « L’impérialisme et la révolution » qui liquide tout l’apport de la révolution chinoise et de la révolution culturelle.

La constitution de l’OCML Voie Prolétarienne en février 1979 par fusion des deux organisations « Pour le Parti » et « Voix Prolétarienne » a lieu dans ce contexte de grands bouleversements et de grandes interrogations. C’est en quelque sorte contraints et forcés par la polémique que notre organisation approfondit les questions en débat et ainsi sa compréhension de ce qu’est vraiment le socialisme et la révolution. Dès le mois de mars 1979, la nouvelle organisation rompt avec le PTA. En juillet 1979, la brochure de l‘année précédente sur la « Dictature du Prolétariat » est critiquée pour ses insuffisances et des restes de positions révisionnistes, et par ailleurs est publiée la brochure « Première réponse à Enver Hoxha » pour se démarquer des positions albanaises.
Deux dossiers sur la Révolution Culturelle seront publiés dans le journal « Pour le Parti » en octobre et novembre 1979, puis un stage d’étude d’une semaine durant l’été 1980 unifiera la nouvelle organisation sur ces positions.

A partir de là, et sur ce socle, la brochure sur « La Dictature du Prolétariat, seule transition au communisme » sera à la fois assimilée dans ses aspects positifs comme critiquée dans ses aspects erronés, et sera développée et enrichie par la publication entre 1980 et 1981 d’une série d’articles fondamentaux qui sont le socle de notre organisation  :
La Théorie des Forces Productives à la base du révisionnisme moderne (Cause du Communisme N°1), Sur l’Etat de dictature du prolétariat (Cause du Communisme N°2), Le socialisme dans un pays et la révolution dans le monde (Cause du Communisme N°4).
En 1984, le deuxième congrès de l’OCML Voie Prolétarienne développera sur ce même thème de la transition du capitalisme au communisme avec la rédaction de notre Programme Général.

Les quatre textes de ce magazine

Ces quatre articles aujourd’hui réédités sont donc issus de ce double mouvement de la lutte des classes au niveau mondial, comme de la constitution de notre organisation dans la lutte contre toutes les positions révisionnistes et opportunistes.
Ils étaient (et sont toujours !) disponibles sous forme numérique sur notre site, mais le Comité Central en a décidé la réédition pour en faciliter la diffusion et affirmer en quoi ils sont, collectivement et dans leur ensemble, une base théorique et politique « incontournable » de notre organisation.

Le premier texte de ce magazine est le dernier publié en date. Intitulé Programme général de la transition du capitalisme au communisme. Il est voté au deuxième congrès de notre organisation en 1984. C’est en quelque sorte le « résumé stratégique » de notre projet, de l’alternative nécessaire pour le prolétariat face à un « système » impérialiste rejeté dans tous les volets, économiques, répressifs, militaires ou idéologiques…
C’est un texte court, mais il définit encore aujourd’hui « ce que nous voulons ».

Les trois autres textes qui suivent sont d’une autre nature.
Dans le contexte politique de l’époque, ils approfondissent l’étude de la théorie du socialisme, désormais considérée non pas comme une période stable qu’il faut consolider (thèse révisionniste), mais comme une période instable où la lutte des classes se développe de manière féroce entre la voie capitaliste et la voie communiste, alors même que le prolétariat a pourtant conquis le pouvoir politique. Ces trois articles constituent une série, chacun abordant la critique sous un angle particulier.

La Théorie des Forces Productives à la base du révisionnisme moderne traite de la base économique du socialisme, société de transition. Il reprend les critiques embryonnaires portées dès la fin des années 50 contre les conceptions de l’URSS, et les leçons de la Révolution Culturelle, rassemblées dans les textes de 1975. Ce premier article délimite les conceptions révisionnistes des conceptions communistes autour de la transformation des rapports de production, en rapport dialectique avec la réalité de la base économique. C’est une critique profonde et tranchante qui nous démarque aujourd’hui : non, le socialisme ce n’est pas seulement une meilleure répartition des richesses. Oui, la lutte écologique est fondamentalement une lutte anti-capitaliste dans la remise en cause des rapports à l’être humain exploité comme à la nature. Non, le développement économique, le progrès, ne sont pas « neutres » et il ne suffit pas de changer quelques dirigeants pour décréter le socialisme.

Sur l’Etat de dictature du prolétariat traite de l’appareil d’Etat, et du combat contre les conceptions opportunistes à ce propos. A travers la critique du trotskisme et des erreurs de Staline et en s‘appuyant sur des apports de la Révolution Culturelle, il montre tous les enjeux dialectiques de la transformation et du dépérissement de l’Etat socialiste sous la dictature du prolétariat. C’est le socle de notre opposition à toutes les variantes sur le renforcement de l’Etat, sur l’appel aux nationalisations, sur la défense du soi-disant « intérêt général » défendu aujourd’hui par exemple par le Front de Gauche, la défense inconditionnelle du Service Public sans mesurer en quoi il est le reflet de la société de classe et ainsi de suite…

Le socialisme dans un pays et la révolution dans le monde concerne les questions internationales et les positions de l‘URSS [5] avant et pendant la deuxième guerre mondiale, qui ont débouché sur la dissolution de l‘Internationale Communiste en 1943 et sur toutes les théories de la « coexistence pacifique », plus tard critiquées par les communistes chinois. Outre le bilan historique important, ce texte situe la question de la « Nation » dans le programme communiste. A l‘heure du patriotisme économique, du Fabriquons Français, de la défense de l‘emploi industriel ou des diverses variantes du souverainisme, il est important de rappeler la place de l‘internationalisme dans le programme des communistes : aucune concession n‘est possible, d‘autant plus que la mondialisation et la globalisation effrénées depuis les années 70 la rendent encore plus urgente et indispensable.

Trois articles de fond, trois parties d‘une même critique des positions réformistes et révisionnistes. Une même critique issue du bilan contradictoire des révolutions soviétique et chinoise, le socle de notre organisation communiste.

Le Comité Central de l’OCML Voie Prolétarienne
Janvier 2016

Sommaire :

- Editorial
- Programme général de la transition du capitalisme au communisme
- La théorie des forces productives à la base du révisionnisme moderne
* L‘essence de la théorie des forces productives
* Edifier le socialisme se réduit-il à augmenter la production ?
* Les bases économiques de la marche au communisme
* Premières conclusions
- Sur l‘état de dictature du prolétariat
* Notre continuité dans la réélaboration programmatique et stratégique
* La révolution : la prise du pouvoir dans la superstructure
* La superstructure : un enjeu de la lutte de classes
* L‘état socialiste et la dictature du prolétariat
* Les erreurs de Staline sur la question de l‘état
* Le Parti du Travail d‘Albanie : la fidélité aux erreurs de Staline
* La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne
- Le socialisme dans un pays et la révolution dans le monde
* Le prolétariat au pouvoir dans un seul pays
* Défense de la patrie socialiste
* La défense de l‘URSS dans la guerre 39-45
* Le PC Chinois : une première rupture


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[1Période en Chine de 1958 à 1962 où Mao appelle à la mobilisation des masses pour avancer dans la voie socialiste et sortir du sous-développement.

[2Dirigeant chinois, représentant de la voie bourgeoise au sein du Parti Communiste Chinois. Il est destitué de ses fonctions durant la Révolution Culturelle.

[3La théorie des trois mondes a été élaborée par la République populaire de Chine suite à la rupture sino-soviétique à la fin des années 60. Comme son nom l’indique, elle fait référence à trois « mondes » qui régissent la politique mondiale à l’époque :
- Deux superpuissances sont à la recherche de l’hégémonie régionale : l’URSS et les États-Unis. Elles représentent une grave menace pour les autres. L’URSS est jugée la plus agressive et la plus dangereuse.
- Les pays développés, comme le Canada, les pays d’Europe et le Japon : ils sont liés aux super-puissances (par un rapport de dépendance), mais essayent peu ou prou de lutter contre elles.
- Les pays en voie de développement et la Chine : ils ont des intérêts communs reposant sur la lutte contre l’hégémonie du premier monde.
Cette théorie, qui a abandonné toute position de classe, mène à des alliances avec des régimes bourgeois dans le Tiers Monde, mais également dans le Second Monde au nom d’une supposée lutte anti-impérialiste commune. On a ainsi vu le PCMLF en France soutenir Giscard d’Estaing à la fin des années 70 !
Aujourd’hui, cette théorie est encore vivante dans le soutien aux régimes réactionnaires qui tentent de desserrer la domination US pour récupérer une part du gâteau plus importante à leur profit : soutien au régime iranien, à Assad en Syrie, aux fascistes serbes dans la guerre en ex-Yougoslavie, à Gbagbo en Côte d’Ivoire, aux régimes du Venezuela, d’Equateur ou de Bolivie, voire du Brésil et ainsi de suite…

[4Les principaux responsables maoïstes pendant la Révolution Culturelle, rédacteurs entre autres de ces articles de Pékin Information. On y retrouve Chiang Ching, Wang Hong Wen, Chang Chung Chiao et Yao Wen Yuan.

[5Qualifié dans ce texte de « pays socialiste » en 1939. Notre organisation a évolué et progressé dans sa compréhension de l’URSS jusqu’à affirmer dans notre plateforme politique que l’URSS était alors un capitalisme d’Etat et que « La bourgeoisie est redevenue, dans les années 30, la classe dominante. »

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