Actualité > Canicule : travaille, suffoque et ferme-la !

Canicule : travaille, suffoque et ferme-la !

Déclaration du 28 juin 2026

Tout le monde crève de chaud. Pendant un ou deux jours, on a pris sur nous, on a fait avec. Mais au bout d’une semaine, on n’en peut plus. On se débrouille, on s’aide entre voisins, mais ça ne suffit pas. Au travail, dans les boulangeries ou les blanchisseries (industrielles ou artisanales), dans les fonderies de métal ou de verre, dans l’automobile, le BTP et ailleurs, on suffoque à 50° et plus, on ne compte plus les malaises. Dans les cités, dans les écoles, les hôpitaux, on atteint le point de rupture. La France impérialiste, puissance nucléaire et spatiale, ne sait pas faire fonctionner ses hôpitaux, ses écoles et ses trains au-delà de 35°C, même plus de vingt ans après la canicule de 2003. Le problème est donc bien politique, affaire de choix de nos dirigeants.

Les dirigeants bourgeois, économiques, politiques, médiatiques vivent dans un monde entièrement climatisé, appartements, bureaux, piscines, voitures. Pour eux, ça baigne dans le frais, pas de quoi en faire tout un plat… La ministre de l’écologie s’est même permise de nous faire la morale, elle est « horrifiée par ceux qui demandent à mettre des climatisations partout » ; mais qu’a-t-elle fait pour nous soulager ? Comment osent-ils montrer du doigt les jeunes qui ouvrent des bouches à incendie pour se rafraîchir, alors que par leur style de vie, les 1% les plus riches émettent 70 fois de gaz à effet de serre que les 50% les plus pauvres ?

Le premier de leurs choix, c’est l’austérité budgétaire avant notre bien-être, donc vous pouvez en être sûr, l’Etat n’investira pas massivement dans la rénovation thermique des écoles, des hôpitaux ou des logements. Tous les budgets qui y sont consacrés sont rabotés d’année en année ; la priorité, c’est le budget de la Défense, le seul sanctuarisé...

Les enfants crèvent de chaud dans les écoles ? On laisse les enseignants et les parents se débrouiller. 35°C dans les chambres des hôpitaux ? Même chose, aux travailleurs de la santé de bricoler avec des draps mouillés et des couvertures de survie. Les bailleurs sociaux, eux, laissent les cités pourrir sur place depuis des décennies, mettent des années à installer des volets et des mois à réparer des ascenseurs flingués par la chaleur. On s’arrache les climatisations portables pour rafraîchir nos enfants et nos anciens. La langue de bois gouvernementale parle de « mesures au cas par cas », « d’initiatives laissées aux collectivités locales » ; cela veut juste dire que l’Etat, lui, ne fera rien. C’est aussi vrai du côté des mairies, des régions et des départements, qui ont beau jeu de se défausser de leurs responsabilités sur l’Etat. Les politiciens sont trop préoccupés par leurs carrières, et donc les ministres qui vont et viennent ne s’intéressent pas à notre sort.

Dans les entreprises aussi on crève de chaud. Le ministre du Travail, Farandou, refuse de dire qu’il existe une température au-delà de laquelle on ne peut plus travailler. Ce qui le préoccupe avant tout, c’est que la machine d’exploitation capitaliste continue à tourner : « On ne peut pas arrêter la France à partir de 30°C. » a-t-il dit (interview au journal Le Monde du 26 juin 2026). Tout est renvoyé à plus tard, au « dialogue social » pour être sûr que ça s’enlise au cas par cas et que rien ne change vraiment. Le décret de 2025 « relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur », est une fumisterie. Il n’impose rien de précis aux employeurs, à part l’obligation de fournir de l’eau potable (merci de nous autoriser à ne pas mourir de soif !). Le gouvernement, en bon serviteur du Capitalisme, ne veut surtout pas imposer de mesures trop contraignantes aux exploiteurs, et tant pis si quelques ouvriers du bâtiment meurent d’un coup de chaud sur les chantiers chaque été, si les ateliers des usines sont des fours entre juin et août. Le capitalisme dérègle le climat, et semble presque étonné qu’en retour cela dérègle la machine d’exploitation.

Tout le monde se dit soucieux de protection de l’environnement, parle de transition écologique et de lutte contre le réchauffement climatique. Pourtant, c’est bien ce gouvernement qui a fait adopter en 2025 la loi Duplomb, écrite par les lobbys de l’agro-industrie, qui encourage à polluer et gaspiller les ressources. Les pollueurs de compétition comme Total Energies ont encore toutes leurs entrées à l’Elysée et dans les ministères. Et il y a, bien sûr, la répression des militants écologistes taxés d’ « éco-terroristes », le mépris pour tous les scientifiques du monde (GIEC par exemple) ignorés depuis les années 70. Les gouvernements qui se succèdent sont toujours au service des capitalistes, et ce que veulent ces derniers, c’est de pouvoir continuer à nous exploiter, à exploiter les ressources naturelles, à polluer, si cela est bon pour leurs profits. Et il est bien clair que l’enjeu est MONDIAL : le dérèglement climatique ne s’arrête pas aux frontières, du fait des changements PROVOQUÉS par un mode de production mondialisé construit par nos exploiteurs au fil des siècles : le fameux « dôme de chaleur » ne s’arrête pas aux frontières.

Répétons-le, la canicule est bien un sujet politique. Le débat politique bourgeois se situe entre ne rien reconnaître, en faire le moins possible (quelques climatisations ici ou là) comme le proposent la droite et le RN d’un côté, et tout changer pour ne rien changer en fait, et surtout pas le mode de production, comme le proposent centre et gauche d’un autre côté. Ne restons pas passif, n’acceptons pas de subir sans réaction collective. Le changement climatique, ce sont nos exploiteurs qui en sont les responsables. Refusons la culpabilisation individuelle. Il est faux de dire que nous sommes tous également victimes de la crise écologique, bourgeois comme prolétaires. Cette crise aggrave les inégalités de classe, et même la dureté de l’exploitation. La bourgeoisie, elle, a les moyens de payer le maintien de son confort de vie. Les sacrifiés du changement climatique, ce sont les prolétaires.

Il faut nous battre à deux niveaux. D’abord pour nos conditions de vie et de travail immédiates, pour ne pas crever du réchauffement aujourd’hui. A l’usine Stellantis de Mulhouse, la CGT a appelé à la grève pour protester contre les conditions de travail devenues intenables avec la température. Même chose dans les crèches parisiennes. D’autres encore réclament un droit au « congé climatique », payé à 100%, lorsqu’on atteint des seuils de température dangereuses au travail. Au final, comme pour le reste, c’est par la lutte de classe que les choses changeront.

Ensuite, se battre politiquement, pour changer de société afin de ne pas mourir du réchauffement à petit feu. Il n’y a aucune « prise de conscience » à attendre de la part de nos gouvernements ou de nos patrons ; ils savent très bien ce qu’il se passe, et sont déjà justement très conscients de leurs intérêts de classe. L’anarchie de la production, la concurrence, font qu’aucune politique sérieuse de « planification écologique » n’est possible. Le réchauffement climatique est inexorable sans politique anti-capitaliste radicale.

L’alternative c’est bien « Révolution ou catastrophe écologique ».