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Lutte Ouvrière : feu sur le terrorisme
Pour le Parti N°52 - Octobre 1982
Le 30 août 1982, LO diffusait sur Renault Billancourt un tract sur la guerre des polices Intitulé : « Quand la gendarmerie coffre les terroristes et coiffe la police ». Après un descriptif sur la concurrence entre gendarmerie et police, on pouvait lire ceci :
« Bien sûr on pourrait se dire qu’après tout cette émulation va se traduire par une efficacité accrue des différents services de police dans la lutte anti-terroriste et s’en féliciter, si cela se traduisait par la fin du terrorisme qui s’en prend aveuglément ou pas, à des innocents ou qui ressemble plus à des règlements de compte qu’à une lutte d’émancipation. On pourrait l’espérer »...
LO choisit ses cibles
Il ne s’agit pas pour LO de condamner les massacres, les tortures, l’exploitation forcenée que subissent les prolétaires et les peuples aux quatre coins de la planète. Il ne s’agit pas de dénoncer le terrorisme d’Etat de la bourgeoisie ou les formes de terrorisme que celle-ci téléguide. Il ne s’agit pas de comprendre comment cette violence organique de la bourgeoisie engendre la réaction plus ou moins spontanée, plus ou moins efficace, plus ou moins juste dans ses formes politiques des prolétaires et des peuples. Il ne s’agit pas d’analyser ce qui dans la violence terroriste ou dite terroriste est Juste et efficace parce que conforme aux Intérêts historiques du prolétariat et des peuples, et ce qui peut se retourner contre cet intérêt. Il s’agit encore moins d’aider, par l’activité de l’organisation communiste, les prolétaires et les peuples à orienter leur violence légitime dans une voie Juste et efficace.
LO choisit sa voie
De même que le PCF, LO parle de révolution. Mais de quelle révolution s’agit-il ? Surtout pas de celle qui sortira de larges mouvements des masses multiformes, spontanés, « anarchiques », explosifs. Surtout pas d’un processus qu’on ne « contrôlerait » pas. Pour LO, la révolution - l’image qu’ils en ont - c’est un processus rigoureux, obéissant au schéma qui aura germé dans le crâne illuminé de quelques dirigeants de génie.
En réalité, la révolution selon LO, elle est morte, elle ne sera pas. Et au fond, LO n’en est pas dupe, il sait bien que cette révolution ne se fera pas. C’est d’ailleurs bien pour ça qu’elle n’en parle jamais. La révolution : un dogme auquel on se réfère pour justifier son existence mais qui ne signifie plus rien. Comme pour le PCF.
Par contre, ce qui signifie beaucoup pour LO, c’est la démocratie. Le fond de leur tract, mais aussi le fond de leur ligne est là :
« Mais il se peut que les policiers et les militaires, déjà plus puissants que le Président élu, (le P majuscule est de LO) que tous les ministres et les députés, décident un Jour de se passer une fois pour toutes de la démocratie, des élections, de la liberté de parole »...
Et tout cela, à cause des terroristes, bien sûr...
Que retire-t-on au fond de la lecture de ce tract ? Un soutien inconditionnel au « gouvernement démocratique » qui mène la Juste lutte anti-terroriste mais qui risque, par mollesse de se faire renverser par de méchants policiers ou gendarmes, (qui LO est bien obligé de le reconnaître « agissent comme de véritables Etats dans l’Etat »). Inquiétons-nous, inquiétons-nous et serrons les rangs derrière les « démocrates »... et vive la révolution !