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Pour une autodéfense antifasciste, populaire et révolutionnaire !

Déclaration 1er mars 2026

L’OCML Voie Prolétarienne a pris un peu de temps pour publier cette déclaration. Nous avons voulu le temps du débat, de sortir de l’émotion, des querelles politiciennes pathétiques, pour aller à l’essentiel. Ce qui explique le délai de parution de cette réaction.


Un nazillon antisémite est mort. Car c’est bien ce qu’était Quentin Deranque, tué le 14 février à Lyon. Il faisait partie d’une bande fasciste violente venue tendre un guet-apens aux antifascistes et aux participants à la conférence animée par Rima Hassan. Cette bande armée jusqu’aux dents aurait bien pu tuer ce jour-là. Les antifascistes ont eu raison de rendre coup pour coup.

Cependant, même dans une situation d’autodéfense, ne pas retenir ses coups, aller jusqu’à tuer un homme inconscient et neutralisé, c’est à la fois une erreur politique et une faute morale. Tuer une personne n’est pas anodin, et a toujours des conséquences. La violence légitime doit répondre à des règles.

Mais il n’y a pas de comparaison possible entre groupes antifascistes et bandes fascistes. Les groupes d’autodéfense antifascistes ne sont pas des « bandes violentes ». La violence fasciste frappe les personnes racisées, les progressistes, partout en France. Ce sont les fascistes qui ont déterminé le niveau de violence de ces affrontements. Ce sont eux qui attaquent des familles dans la rue, des projections de film de Costa Gavras, des cafés progressistes, des lieux de culte. Les chiffres sont sans appel : la violence à caractère politique vient en très grande majorité de l’extrême-droite. Plus de 50 assassinats ces dernières années, pour la plupart racistes, qui n’ont eu droit à aucune minute de silence. Les groupes antifascistes ne font qu’y répondre, et eux ne s’en prennent qu’aux fascistes. Oui, heureusement que les Antifas sont là.

La complaisance des autorités à l’égard de la violence fasciste est ahurissante. À Lyon en particulier, où Police, Justice, et même municipalité s’en sont faites les complices. Il suffit d’écouter les conférences de presse à charge contre les antifas du procureur en charge de l’affaire. Pourquoi les fascistes qui ont tendu le guet-apens ne sont pas, eux aussi, poursuivis pour violence ? On fait de la mort de Quentin Deranque une affaire d’Etat, mais quid d’Ismaël Aali, tué par racisme dans la région lyonnaise le 6 janvier ? Quid d’Hichem Miraoui, le coiffeur assassiné à Puget-sur-Argent ? De Clément Méric ? De toutes les victimes de la Police raciste, comme El Hacen Diarra ?

Notre vieux pays impérialiste vit une effroyable tendance à la réaction. La bourgeoisie et son personnel politique s’y engouffrent, au point de faire une minute de silence pour un militant néo¬nazi violent. Les groupes fascistes pullulent. Les violences policières sont couvertes, ou plutôt justifiées. Le délit d’opinion est réinstauré contre des syndicalistes, des militants propalestiniens, des écologistes. Le RN est aux portes du pouvoir, et tous reprennent son langage.

La violence réactionnaire se développe tous azimuts. On ne peut pas à la fois constater le besoin d’une autodéfense populaire, et prétendre qu’il faut in-fine faire confiance à l’Etat. Les réformistes, même les plus radicaux comme LFI, continuent à vouloir nous vendre l’illusion d’une « révolution » pacifique, d’un appareil d’Etat « neutre », qu’on pourrait, à la faveur d’une alternance politique, mettre au service des masses populaires. Mais voyons ce que font et pensent tous ces juges, ces flics, ces haut-fonctionnaires, pour comprendre que cela est impossible. Cet Etat est dirigé contre nous, les exploités et les opprimés.

L’autodéfense face à la violence de l’Etat et des groupes fascistes est nécessaire, oui ; mais la force de l’autodéfense antifasciste ne peut pas être le seul fait d’un corps spécial coupé des masses. La force de l’autodéfense antifasciste ne peut pas résider dans le soutien instable et timoré des politiciens réformistes. La force de l’autodéfense antifasciste c’est son lien avec les masses.

Au-delà, c’est la question de l’auto-organisation globale des opprimés et des exploités qui se pose. Auto-organisation politique, idéologique et militaire face à la bourgeoisie et ses agents. Nous ne sommes pas pacifistes. Il ne s’agit pas que de faire face aux fachos et aux flics, mais aussi de renverser par la force la classe dirigeante et son appareil d’Etat.

Nous sommes tous des antifascistes !