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Partisan Magazine N°15 est sorti !

Editorial

La chimie est partout ? Mais c’est le Covid-19 qui est partout !

Pour le coup, quand elle a choisi ce thème de dossier, la rédaction de Partisan avait aussi bien anticipé la pandémie que le gouvernement Macron… Mais quand on y regarde de plus près, on est dans le thème : Le profit capitaliste contre la santé et la nature !

La chimie est partout, au cœur de la production capitaliste (industrie, agriculture, santé…). Avec d’énormes progrès incontestables, mais de plus en plus de conséquences graves, des catastrophes industrielles comme Bhopal, AZF ou Lubrizol, aux scandales médicaux, alimentaires et sanitaires, en passant par la pollution et les montagnes de déchets nucléaires, plastiques ou électroniques.

« C’est le progrès », nous a-t-on chanté pendant des années, tous réformistes inclus. Aujourd’hui on s’interroge, y compris sur l’incapacité du secteur chimique à répondre au coronavirus. Quoi ? L’industrie qui crée 7% du PIB mondial, 5700 milliards de dollars, incapable de contrer l’expansion d’un nouveau virus ? Il y a peut-être un problème…

Car derrière l’utilité des produits de l’industrie chimique – qui doit d’ailleurs être largement discutée – il y a d’abord et avant tout un marché, une concurrence mondialisée, des profits. Et le capitalisme étant ce qu’il est, c’est cette loi qui s’impose à tous les bourgeois du monde entier, avec la chimie et ses toxiques, comme pour répondre au virus, il suffit de voir l’épouvantable sketch à rebondissements du marché des masques pour s’en convaincre. Non la chimie, la santé, la science même, ce n’est pas neutre… Tout notre dossier de ce magazine l’illustre.

L’autre point commun entre la chimie et l’épidémie du coronavirus, c’est qu’on n’y comprend rien, ballottés d’une expertise à l’autre, chacune plus autoritaire et définitive que la précédente. Non, puisqu’on vous dit que le nuage de Tchernobyl est passé à côté, que le glyphosate n’est pas dangereux, qu’il faut mettre (non, finalement pas mettre – enfin, si) des masques. On n’y comprend rien. Le capitalisme maintient sa domination en nous dépossédant du savoir et de la connaissance, en créant une couche d’experts à sa botte pour nous maintenir sous pression. Il est temps d’en finir, de reprendre nos affaires en main, de décider par nous-mêmes, et cela veut dire nous débarrasser de tous les experts ou gourous, chimistes, médecins, journalistes ou politiciens qui prétendent parler à notre place. Là encore, c’est un des objectifs de ce dossier, exemples à l’appui. Tous experts, tous rouges !

Enfin, chimie ou pandémie, c’est les travailleurs qui payent les conséquences sanitaires et économiques. La logique c’est : « On fonce, on fait les profits et on voit après », « Et si ça foire, c’est les travailleurs qui payeront ». Surtout, le plus important c’est de ne pas enrayer la machine à profit. C’est bien ce qu’on voit aujourd’hui avec le Covid-19.

De semaine en semaine, tout devient plus clair. La critique sur les carences de l’Etat, l’incompétence des dirigeants, n’explique pas l’essentiel. Les capitalistes ne font rien d’autre qu’un gigantesque calcul coût/bénéfice sur notre dos. La politique sanitaire s’ajuste aux besoins du capital.

D’abord les gouvernements ont eu la tentation de ne rien faire. « La vie continue, il n’y a aucune raison de modifier nos habitudes de sortie » (Macron le 06/03/20). Boris Johnson, en Grande-Bretagne, a carrément assumé de miser sur l’immunité collective, c’est-à-dire laisser le virus se propager jusqu’à ce que la majorité ait développé les anticorps et que l’épidémie s’arrête d’elle-même. Et tant pis pour les morts. Mais ça, c’était avant qu’il tombe malade lui-même !

Puis ils ont bien été obligé de prendre la menace au sérieux, quand le cœur du système productif mondial s’est arrêté. Maintenant que nous sommes confinés, le MEDEF et le gouvernement poussent à une reprise rapide de l’économie. Même sans tests et sans masques, en mettant en avant les morts de la crise économique, qui va être inévitable. Les morts du coronavirus, de la crise à venir, sont présentées comme une fatalité. Comme si personne n’était responsable. Circulez, y’a rien à voir.

Le gouvernement Macron est responsable ! Il a poursuivi des décennies de mesures d’austérité à l’hôpital public : 70.000 lits d’hôpitaux fermés et 12 milliards d’économie en 10 ans. Il a ignoré toutes les mesures de prévention, même minimales. Il a propagé des rumeurs antiscientifiques sur l’inutilité du port du masque pour le grand public, sur l’absence de danger au travail. Il a refusé de réquisitionner des usines pour produire des masques et du matériel médical (Luxfer, usines textiles). On ne touche pas à la propriété privée, même si ça doit passer avant la santé. D’où la saturation des hôpitaux, la pénurie de tout, la souffrance de nos anciens, confinés dans les EHPAD ou chez eux.

Leur seule réponse, c’est la répression, la suspension des libertés démocratiques, les lois anti-ouvrières pour étendre le temps de travail, pour nous exploiter encore plus. C’est la mise en danger des travailleurs dans les entreprises et les services de santé, de leurs enfants avec la réouverture des écoles. La glorification hypocrite des caissières, des personnels de la santé, et des prolétaires qui permettent de faire tourner la machine malgré le confinement, on n’est pas dupes. Les capitalistes veulent que tout continue comme avant. Certains font semblant de découvrir que le travail productif des prolétaires, c’est la base de l’économie. Sérieux ?

Le capitalisme impérialiste est responsable ! Les virus dangereux existent dans la nature. Ce sera vrai même dans un monde socialiste. Mais c’est la destruction de la nature liée à l’urbanisation capitaliste, à la déforestation et au développement de l’agro-industrie (en particulier les monocultures type palmier à huile) qui provoque leur diffusion. Les preuves scientifiques sont massives. Le coronavirus n’est pas une calamité biblique ! C’est un des aspects de la crise écologique du capitalisme.

Pour le capitalisme impérialiste, « la santé est une marchandise et les grandes puissances se disputent le marché des produits médicaux ». Zika, Chikungunya, Dengue, Ebola, n’intéresse pas les grands labos. Le Covid-19 promet d’être plus rentable parce qu’il concerne les pays riches. La guerre des brevets est lancée pour les traitements, les vaccins. On a compris, ça ne sera pas pour tout le monde.

Partout dans le monde, les masses populaires subissent une attaque sauvage sur leurs conditions d’existence. Cette crise sanitaire et économique, comme toutes les autres, est une fatalité sous le capitalisme. Mais un autre monde est possible.

Nous devons mettre en avant nos exigences de travailleurs, d’exploités (voir notre déclaration « Coronavirus : vote, bosse et ferme-la ! »), nous battre selon le principe avancé par nos camarades grecs : « C’est un droit absolu pour une personne de ne pas vouloir tomber malade, de ne pas vouloir souffrir et d’essayer ‐ dans le contexte de la société dans laquelle elle vit ‐ de se protéger et de protéger ses enfants ».

Nous devons nous organiser, ne pas laisser sans lendemain la révolte des soignants contre la politique du gouvernement, la révolte des travailleurs contre leurs patrons qui les mettent en danger, la révolte contre ce monde de merde et qui ne fait qu’empirer.

Bhopal, Tchernobyl, Seveso, AZF, Lubrizol, Amiante, Covid-19, on n’oublie pas, on pardonne pas, on s’organise.


SOMMAIRE


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Partisan Magazine est la publication de l’OCML Voie Prolétarienne. Son objectif ? Donner des outils de compréhension politique et théorique pour toutes les personnes qui luttent au quotidien contre ce système qui broie nos vies et ne nous offre aucun avenir autre que la misère et la guerre.

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